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Le plus ancien meurtre de l’humanité a-t-il été découvert ?

Crédits : Plos One

En étudiant de près un crâne humain vieux de 430 000 ans et les blessures qu’il comporte, des préhistoriens suggèrent que la mort de l’individu a été volontairement provoquée par un congénère. S’il y a confirmation, il s’agirait là du plus ancien meurtre connu à ce jour.

La « Grotte aux Os» (Sima de los Huesos) est une fosse commune connue des préhistoriens, située sur le site préhistorique d’Atapuerca, dans le nord de l’Espagne. C’est dans cette fameuse grotte qu’a été retrouvé un crâne humain, parmi des milliers d’ossements appartenant à au moins 28 individus, portant des indices d’agression.

Ce crâne est âgé de 430 000 ans. Il provient d’un homme appartenant à l’espèce Homo Heidelbergensis (une espèce humaine précurseur de l’homme de Neandertal et de l’homme moderne, ayant vécu de -700.000 à -200.000 ans). Il a fait l’objet de travaux menés par le préhistorien Nohemi Sala (Université de Complutense à Madrid, Espagne) et ses collègues, publiés dans la revue Plos One, qui suggèrent qui l’individu a été tué intentionnellement par l’un de ses congénères. « Ce qui rend notre article si unique, c’est que nous pensons que nous avons trouvé des preuves que cette personne est morte des suites de ses blessures », avance Rolf Quam, paléontologue à l’université de Binghamton.

Quel est le scénario avancé ? Le « meurtrier » aurait été muni d’un objet contondant et aurait frappé violemment sa victime à deux reprises au-dessus de l’œil gauche, fracturant son crâne et causant sa mort. Ensuite, sans doute en forme de cérémonie funèbre, la victime aurait été déposée dans la fameuse « Grotte aux os ».

Plusieurs éléments entrent en compte dans l’affirmation qu’il s’agit là d’un meurtre et non pas d’un accident. Tout d’abord, l’emplacement des fractures. Situées sur l’avant du crâne, elles suggèrent un affrontement en face à face, les blessures accidentelles à cet endroit étant très rares. Ensuite, la forme et la taille de ces fractures, très similaires, qui montrent qu’elles proviennent d’un même objet.

« Une des implications de l’étude est que le meurtre est un comportement humain très ancien », déclare Rolf Quam. De son côté, Ignacio Martínez Mendizábal de l’université d’Alcalá à Madrid explique : « Nous pensons que la violence interpersonnelle intentionnelle est un comportement qui accompagne les humains depuis au moins 430 000 ans, tout comme le soin des malades ou même des morts. Nous n’avons pas beaucoup changé en 500 000 ans! »

Source : plosone

– Crédits photo : Plos One