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Le plus ancien dessin de fantôme découvert sur une tablette babylonienne

Crédits : James Fraser et Chris Cobb pour The First Ghosts

Un conservateur de musée annonce avoir déniché la plus ancienne figure d’un fantôme sur une ancienne tablette babylonienne vieille de 3 500 ans. L’artéfact affiche également plusieurs instructions sur la façon d’exorciser l’esprit indésirable.

Des fantômes en Mésopotamie il y a 3500 ans

Les contours sont pâles, seulement discernables sous un certain angle, mais le plus ancien dessin de fantôme au monde a bien été découvert dans les voûtes sombres du British Museum. C’est en examinant plusieurs tablettes babyloniennes que Irving Finkel, le conservateur principal du département Moyen-Orient du musée, est tombé sur cette gravure accompagnée d’un rituel passée jusqu’alors inaperçue, rapporte le Guardian.

La tablette d’argile représenterait une silhouette masculine, barbue et visiblement grincheuse conduite aux enfers par une femme, les mains attachées par une corde. Un rituel, gravé à côté du croquis, donne un peu plus de détails. En réalité, ce dessin accompagne une sorte de guide pour exorciste visant à se débarrasser des fantômes « indésirables » coincés dans le monde des vivants.

Ce fantôme, pensait-on alors, avait désespérément besoin d’une nouvelle compagne. Concrètement, le but de ce rituel était de le conduire jusqu’aux enfers pour lui offrir un nouvel amour.

Finkel savait que le texte cunéiforme de la tablette (un ancien système d’écriture du Moyen-Orient) décrivait un rituel fantôme, mais il n’a pas examiné la tablette correctement jusqu’à ce qu’il commence à mener des recherches pour son nouveau livre : Les premiers fantômes, qui sortira le 11 novembre prochain.

« C’est évidemment un fantôme masculin, et il est misérable. Vous pouvez imaginer qu’un fantôme grand, mince et barbu qui traînait dans la maison et énervait les gens. L’analyse finale était qu’il avait besoin d’un amant« , explique le conservateur. « Le moyen de se débarrasser de ce vieux bougre était alors de le remarier. Ce n’est pas fantaisiste d’y lire cela. C’est un message explicite. Il y a une écriture de très haute qualité et un dessin impeccable« .

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Un esprit solitaire conduit à la félicité éternelle sur une tablette d’argile babylonienne. Les dessins sont ici tracés à la ligne blanche dans le but de les faire ressortir. Crédits : Le British Museum

Un rituel bien précis

Le rituel invite à fabriquer des figurines d’un homme et d’une femme et de les équiper de plusieurs choses bien spécifiques. L’homme devait par exemple être habillé en tenue de tous les jours et équipé de provisions de voyage. La femme devait quant à elle être habillée de quatre vêtements rouges, le tout revêtu d’un tissu violet. Elle devait également porter une broche en or, profiter d’une serviette, d’un peigne et d’un flacon, et être équipée de plusieurs meubles, dont un lit et une chaise.

Ces deux figurines devaient ensuite être enterrées ensemble au lever du soleil pendant que l’exorciste récitait un sortilège. La tablette acquise par British Museum au XIXe siècle, qui est assez petite pour tenir dans une main, est incomplète. Aussi, une partie du sort n’est pas disponible, mais l’exorciste commençait visiblement par appeler le dieu solaire Shamash, à l’époque responsable du mouvement des fantômes vers les enfers.

Pour le conservateur, l’exorciste était censé transférer le fantôme dans une figurine afin qu’il puisse avoir la bénédiction de Shamash. La dernière ligne du rituel avertit : « Ne regardez pas derrière vous« . Finkel pense que ce message était destiné aux figurines au moment d’entrer dans le monde souterrain, mais il ne peut en être sûr. Il est également possible que ce message ait été destiné à l’exorciste lui-même, alors qu’ils laissaient les figurines derrière lui.