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Plongée : à quoi est due l’ivresse des profondeurs ?

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L’ivresse des profondeurs (ou narcose) est un trouble neurologique pouvant se produire lors de plongées sous-marines. Avec la pression, l’azote que contiennent les bouteilles d’oxygène peut être à l’origine d’une cascade d’effets néfastes.

Véritable poison des plongeurs, l’ivresse des profondeurs est relative à l’excès d’azote et agit sur le système nerveux en entraînant des troubles du comportement, un mal découvert dans la première moitié du XXe siècle. N’importe quel plongeur peut être touché à partir du moment où celui-ci descend à une profondeur de plus de quarante mètres. Le risque devient très important au-delà de quatre-vingt-dix mètres. Interrogés en 2014 par France 5, l’apnéiste français Guillaume Néry et quelques spécialistes de la question avaient décrit le phénomène.

Le responsable de la narcose n’est autre que l’azote, ce gaz situé dans l’air comprimé à hauteur de 80 %, la même teneur que dans l’air ambiant. Lorsque la pression augmente proportionnellement à la profondeur, la dissolution des gaz dans les liquides corporels est favorisée. La science estime qu’à partir d’une certaine dose, l’azote dissous se fixe sur la myéline, qui n’est autre que la substance entourant les fibres nerveuses. Ceci a pour effet d’occasionner un retard dans les transmissions nerveuses, créant une situation où les troubles de la perception prennent plusieurs formes.

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Si au départ, le plongeur ressent un certain bien-être, celui-ci sera rapidement touché par des altérations importantes telles qu’un engourdissement de l’esprit, une réduction des réflexes et des capacités opérationnelles, un rétrécissement de la vision ou encore une euphorie qui peut s’avérer très dangereuse à cette profondeur. En effet, il faut savoir que la narcose à cinquante mètres de profondeur fait l’effet de trois à quatre verres d’alcool à 20° !

À des profondeurs plus basses, le plongeur peut être pris d’hallucinations et ne plus avoir notion de la réalité à cause d’une désorientation temporo-spatiale et une faible capacité à évaluer le temps qui passe. La dangerosité est la plupart du temps relative à un comportement du plongeur devenant irresponsable, citons par exemple une remontée trop rapide du sujet, s’exposant à un accident de décompression voire une perte de conscience.

Lorsque l’ivresse des profondeurs se produit, il suffit généralement au plongeur de remonter de quelques mètres pour voir les effets de dissiper progressivement sans laisser de séquelles. Il faut également savoir que la condition physique du plongeur à son importance dans l’occurrence de la narcose tout comme les excès de fatigue ou d’alcool au quotidien.

Sources : Science & VieAllodocteurs

Yohan Demeure

Rédigé par Yohan Demeure

Licencié en géographie, j’aime intégrer dans mes recherches une dimension humaine. Passionné par l’Asie, les voyages, le cinéma et la musique, j’espère attirer votre attention sur des sujets intéressants.