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Pourquoi le plateau tibétain est l’endroit idéal pour un futur télescope

Crédits : NASA JSC

Une équipe chinoise a récemment identifié un emplacement sur le plateau tibétain capable d’accueillir l’un des télescopes les plus puissants du monde. D’après les auteurs de l’étude en question, le site répond à tous les paramètres clés d’un observatoire de classe mondiale.

De nos jours, les observatoires de premier plan se regroupent tous dans l’hémisphère occidental, principalement du côté d’Hawaï, du Chili ou encore des îles Canaries. Ces installations ont permis des avancées spectaculaires dans le domaine de l’astrophysique, mais elles ont toujours besoin d’appuis disséminés sur la planète. Pour surveiller un événement se déroulant au cours d’une journée par exemple, plusieurs équipes évoluant dans plusieurs installations doivent collaborer, comme des coureurs de 400 m se passant un témoin.

Ainsi, aujourd’hui, une grande partie de la Terre, côté oriental, n’est pas couverte par ces observatoires puissants. Placer l’une de ces installations au milieu de l’Asie continentale pourrait donc combler cette lacune.

C’est pourquoi depuis plusieurs années la Chine, qui propose de nombreux petits télescopes, mais pas de grands observatoires, travaille sur le développement d’une structure de premier plan. Celle-ci devrait avoir une ouverture (le diamètre de la lentille ou du miroir de collecte de lumière du télescope) de trente mètres. Seul le Télescope géant européen, qui devrait être achevé en 2027, possèdera un miroir primaire plus important (42 mètres).

observatoire télescope
L’observatoire W. M. Keck, à Hawaï. Crédits : Vadim Kurland, CC by 2.0

Le plateau tibétain, un emplacement idéal

Ces grands télescopes optiques et infrarouges à haute sensibilité nécessitent toutefois des conditions bien particulières. Ils doivent être suffisamment éloignés des villes pour éviter la pollution lumineuse, tout en étant suffisamment accessibles aux scientifiques. Ils doivent être construits à haute altitude pour éviter la gêne de l’atmosphère, mais pas trop haut pour permettre aux chercheurs de respirer normalement. Trop de vent, de poussière ou de vapeur d’eau (qui absorbe le rayonnement infrarouge) peuvent également nuire à la précision d’un télescope.

Depuis plusieurs années, Licai Deng et son équipe de l’Académie chinoise des sciences se concentrent donc sur la recherche du site le plus approprié. Sans surprise, les regards se sont rapidement tournés vers le plateau tibétain, la région la plus élevée de toute la planète.

En s’appuyant sur les données météorologiques et satellitaires, la ville de Lenghu, qui n’avait jamais été considérée jusqu’alors, semblait tout indiquée avec ses 3 500 heures d’ensoleillement par an et quasiment aucune pluie. Dans Nature, les chercheurs soulignent avoir identifié un site d’observation niché sur une montagne voisine, à plus de 1500 mètres au-dessus de la ville.

En 2018, l’équipe a ensuite installé plusieurs équipements sur la montagne visant à surveiller les conditions météo susceptibles d’interférer avec les futures observations. Après trois ans de collecte et d’analyse de données, les chercheurs ont finalement déterminé que l’emplacement avait des conditions comparables à certains des meilleurs sites au monde.

Depuis, les chercheurs s’occupent du développement de leur observatoire. En attendant, le site propose déjà un petit télescope fonctionnel. Il accueillera également bientôt un observatoire doté d’un miroir de 6,4 m, le plus grand de Chine.