Le plastique coûte aujourd’hui neuf fois moins cher que le plastique recyclé

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Dans des pays tels que la Chine et les États-Unis, nous parlons actuellement de « surabondance pétrochimique ». En conséquence, le plastique neuf est aujourd’hui beaucoup moins onéreux que le plastique recyclé. Ce phénomène représente donc un défi de taille pour les sociétés qui désirent soigner leur empreinte écologique.

Une importante augmentation de la production de plastique

Lutter contre la pollution plastique en démocratisant le recyclage pourrait être de plus en plus compliqué dans un avenir proche. Selon un article du Financial Times publié le 15 janvier 2024 et basé sur les données de la société d’analyse financière S&P Global, l’essor de l’industrie manufacturière a généré une offre excédentaire mondiale de certains produits chimiques entrant dans la fabrication des plastiques. Or, parmi ces plastiques, nous retrouvons les polyéthylènes (PE) qui sont déjà à l’origine simples et peu chers à produire. Cela occasionne donc une surabondance ou surcapacité pétrochimique dont la principale conséquence est de rendre le plastique neuf environ neuf fois moins cher à produire que le plastique recyclé.

Les États-Unis font partie des responsables de ce phénomène, en raison d’une augmentation de la production durant les douze derniers mois. En effet, l’exploitation du gaz de schiste connaît un essor important, entraînant une surabondance de plastique vierge inédite depuis les années 1980. Citons également la Chine, responsable de l’augmentation de 60 % de la capacité pétrochimique en 2023.

plastique PEHD
Crédits : kunchainub / iStock

Une situation dans l’impasse

Sans surprise, cette surabondance pétrochimique met en difficulté les entreprises qui produisent des plastiques recyclés, mais aussi les sociétés qui désirent faire baisser leur dépendance aux plastiques à usage unique afin de réduire la pollution en aval. L’un des produits chimiques les plus concernés n’est autre que l’éthylène issu d’hydrocarbures dérivés du pétrole et du gaz naturel. Il faut dire que depuis 2019, la production a augmenté de 42 millions de tonnes alors que la demande a subi une hausse de seulement 14 millions de tonnes. En conséquence, les taux d’utilisation de l’éthylène étaient de 82 % en 2023 contre 90 % en 2019.

Ainsi, des plastiques tels que le polyéthylène vierge haute densité (PEHD) a vu son prix chuter de 1674 dollars la tonne en 2021 à 943 dollars en 2023. Du côté du PEHD recyclé, le prix est aujourd’hui de 1631 dollars la tonne contre 2954 dollars plus tôt en 2023. Les tarifs des deux plastiques ont certes baissé, mais le PEHD recyclé reste beaucoup plus cher que le PEHD neuf. Il est donc difficile de penser que le plastique recyclé puisse rivaliser sur le marché dans un futur proche, une nouvelle évidemment très mauvaise pour l’environnement et les objectifs climatiques.