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Les plantes peuvent-elles ressentir la douleur ?

Crédits : Wikimedia Commons

Nous savons que les plantes peuvent communiquer entre elles et percevoir leur environnement. Lorsque les plantes sont détériorées, elles le savent d’ailleurs très bien. Cependant, perçoivent-elles réellement la douleur ?

Humains et animaux ressentent indéniablement la douleur à cause de récepteurs sensoriels, les nociceptifs. Cependant, il est possible de s’interroger sur les végétaux. Interrogée par Science & Vie, Catherine Lenne, botaniste à l’université Clermont Auvergne, indique que « les plantes n’ont ni récepteurs nociceptifs, ni nerfs… ni système nerveux central ».

Les plantes peuvent ressentir beaucoup de choses comme la lumière du soleil, l’ombre d’autres végétaux ou même simplement leur présence. Elles sont également capables d’adapter la façon dont leur tige pousse en fonction de l’inclinaison d’une pente ou encore lorsque celles-ci sont « attaquées » par des herbivores désirant se nourrir. Ceci peut d’ailleurs donner des réactions comme la sécrétion de substances chimiques donnant aux plantes un mauvais goût ou pire comme c’est le cas du sumac grimpant ou herbe à puce (Toxicodendron radicans) qui libère une toxine causant des éruptions cutanées allergiques chez l’Homme.

« Quand on coupe une plante, qu’on l’écrase ou qu’on croque dedans, c’est certain : elle le perçoit. De là à dire qu’il y a souffrance… je n’irai pas jusque-là. Il manque de mon point de vue, l’élément essentiel qu’est le système nerveux central », insiste Catherine Lenne.

Si la biologiste française estime que l’absence de système nerveux central est le chaînon manquant qui pourrait permettre aux plantes de ressentir la douleur, d’autres spécialistes ne sont pas aussi formels. Certains évoquent la notion de « système nerveux diffus » et d’autres vont encore plus loin en parlant de « neurobiologie des plantes » comme le stipule une étude parue dans la revue Nature en 2013. Personne ne sera donc étonné que ce genre de considération fasse l’objet de houleux débats au sein de la communauté scientifique.

Sources : Science & VieSciences et Avenir