Et si cette plante était considérée comme un être intelligent ?

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Crédits : Tanaka Juuyoh / Flickr

Dans le cadre d’une étude, des scientifiques américains se sont récemment intéressés à la verge d’or, un type de plantes vivaces vigoureuses. Or, bien que l’article et les positions des auteurs soient plutôt controversés, des questions intéressantes ont été soulevées en ce qui concerne la définition même de l’intelligence.

Une plante qui adopte des comportements intelligents

L’intelligence peut être simplement définie comme la fonction mentale d’organisation du réel en pensées chez l’être humain, en actes chez l’être humain et l’animal. Du côté des plantes, les chercheurs qui soutiennent l’existence de ce type de manifestation sont assez rares. Une étude publiée dans la revue Plant Signaling & Behavior en avril 2024 et menée par un duo de chercheurs du département d’écologie et de biologie évolutive de l’Université Cornell (États-Unis) entre justement dans ce cadre.

L’étude concerne une espèce particulière de verge d’or, Solidago altissima, une plante à fleurs vivace vigoureuse que l’on retrouve abondamment dans certaines zones des États-Unis, du Canada et du nord du Mexique. Elle est principalement connue pour sa tolérance à l’anthropisation des paysages. Et selon les auteurs de ces recherches, cette plante pourrait adopter des comportements intelligents.

L’hypothèse des chercheurs est la suivante : les plantes de l’espèce Solidago altissima répondent à leur environnement en ayant recours à une forme primitive de mémoire lorsqu’elles sont confrontées à des problèmes. De plus, elles pourraient faire preuve de capacités décisionnelles et auraient la capacité d’entendre les « appels » de leurs pairs en cas d’attaques menées par des herbivores.

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Crédits : Kenpei’s photo / Wikimedia Commons

Une position très controversée

L’étude indique que lorsque des larves de coléoptères attaquent les plantes, elles sécrètent des composés organiques volatils (COV). Or, ces COV sont un genre de signal directement destiné aux insectes, le but étant de leur faire croire que le végétal a subi des dégâts et que le mieux est de se diriger vers d’autres sources de nourriture. De plus, les plantes attaquées modifient la réflexion de la lumière rouge provenant de leurs feuilles, un autre signal qui serait aisément perceptible par leurs voisines. On peut alors parler de signaux à la fois chimiques et lumineux pour que les autres plantes à proximité puissent renforcer leurs propres défenses afin de repousser leurs assaillants. Il s’agit ici d’une modification de leur comportement habituel.

Pour les chercheurs, ce type de réaction, qui intègre des informations recueillies et analysées depuis leur environnement, est assez similaire au système immunitaire animal. Or, cela pourrait témoigner d’une forme de comportement intelligent chez des plantes pourtant complètement dépourvues de système nerveux central.

Il faut savoir que l’utilisation du terme « intelligence » concernant les plantes est un sujet controversé depuis de nombreuses décennies. Largement rejetée par la communauté scientifique, cette association reçoit toutefois le soutien de certaines études comme celle de l’Université Cornell. Ce genre de travaux s’inscrit en effet dans un mouvement visant à reconsidérer les facultés cognitives du règne végétal.