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WASP-189b : l’une des planètes les plus extrêmes jamais découvertes

Impression artistique de l'exoplanète WASP-189b en orbite autour de son étoile. Crédits : ESA

Le télescope spatial CHEOPS, nouvelle déployé, s’est récemment focalisé sur l’une des planètes les plus extrêmes jamais isolées : un Jupiter ultra-chaud connu sous le nom de WASP-189b.

Des observatoires comme TESS et Kepler ont permis la découverte de milliers d’exoplanètes dans la Voie lactée. Ce que les astronomes aimeraient dorénavant, c’est étudier quelques-uns de ces mondes plus en profondeur. Dans cet esprit, l’ESA a lancé en décembre dernier sa mission CHEOPS (CHaracterising ExOPlanet Satellite).

Pour mener à bien sa mission, le satellite braque son objectif sur des étoiles déjà connues pour abriter une ou plusieurs exoplanètes. En se focalisant sur leurs minuscules variations de luminosité, il permet alors aux chercheurs de caractériser les propriétés de ces mondes en orbite, précisant notamment leur taille et densité, leur période orbitale ou encore leur température de surface.

Un peu plus d’un an et demi après sa mise en service, le télescope a enfin terminé ses premières observations. La cible est WASP- 189b, un Jupiter chaud découvert en 2018 par le télescope terrestre WASP-South, en Afrique du Sud. Pour rappel, les “Jupiter chauds” sont des exoplanètes dépassant souvent la masse de Jupiter, mais orbitant très près de leur étoile.

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Vue d’artiste du satellite CHEOPS et d’un système planétaire. Crédits : ESA

Un Jupiter ULTRA chaud

WASP-189b est situé à 322 années-lumière de la Terre dans la constellation de la Balance (hémisphère sud). La planète évolue à moins de 7,5 millions de kilomètres de son étoile, une géante bleue nommée HD 133112, et en fait le tour tous les 2,7 jours.

Une telle proximité n’est évidemment pas sans conséquence : WASP-189b, qui ne montre qu’une seule face à son étoile, est effectivement très chaude. D’après les données de CHEOPS, sa température de surface est estimée à environ 3 200°C ! “WASP-189b est l’une des géantes gazières les plus chaudes qui existent“, confirme Monika Lendl, de l’Université de Genève et principale auteure de l’étude.

À titre de comparaison, notre Soleil n’est que de 2000°C plus chaud que cette exoplanète brûlante. D’ailleurs, WASP-189b affiche même une température de surface supérieure à celle de certaines étoiles naines rouges. Autant dire que le potentiel de vie sur cette planète est fondamentalement nul. Dans ces conditions, même le fer se transformerait en gaz.

Les chercheurs ont également affiné la masse de l’exoplanète, constatant qu’elle est quasiment deux fois plus lourde que Jupiter. Ils ont également mis à jour son diamètre, 224 000 km, ce qui est légèrement plus grand que ce que suggéraient les précédents calculs.

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WASP-189b, l’une des planètes les plus chaudes jamais découvertes. Crédits : ESA

Une lente migration

Fait intéressant, WASP-189b évolue sur une orbite inclinée, ce qui signifie qu’elle n’est pas alignée avec le plan équatorial de son étoile. Pour les chercheurs, cela signifie que l’exoplanète s’est probablement formée plus loin, avant de migrer lentement vers l’intérieur. Les chercheurs spéculent que le rapprochement pourrait s’expliquer par l’influence gravitationnelle d’autres planètes présentes dans le même système ou par l’influence d’une seconde étoile.

Enfin, les chercheurs ont remarqué que l’étoile, HD 133112, n’est pas parfaitement ronde. Elle est en fait un peu écrasée, bombée à l’équateur où les températures sont plus fraîches qu’au niveau des régions polaires. Les auteurs de l’étude expliquent que le fait qu’elle tourne très rapidement sur elle-même explique cette forme étrange.