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Et si la pilule contraceptive était capable de modifier le comportement ?

Crédits : Département des Yvelines / Flickr

La science a montré que les hormones naturelles ont une influence importante sur le comportement. En revanche, les données concernant les hormones synthétiques, et notamment la pilule contraceptive, sont beaucoup plus rares. Une métaétude récente a tenté d’apporter davantage de précisions concernant les potentiels effets de la pilule sur le comportement.

Trois hormones directement affectées

La Food and Drug Administration (FDA), qui régule le marché des médicaments aux États-Unis, a autorisé la première pilule contraceptive en 1p60. La pilule a ensuite fait son apparition en France au moins d’une dizaine d’années plus tard. Aujourd’hui, pas moins de 100 millions de femmes l’utilisent. Néanmoins, les possibles effets comportementaux en lien avec la pilule contraceptive sont peu renseignés. Dans un article de The Conversation US du 23 août 2022, des chercheuses américaines et australiennes ont détaillé les résultats de leur métaétude sur le sujet qui intègre pas moins de 46 études totalisant plus de 16 000 participants.

Selon les scientifiques, les contraceptifs de ce type affectent de manière directe trois hormones, à savoir la testostérone, la progestérone et l’œstradiol, un type d’œstrogène. Or, cela altérerait la motivation des femmes et leur capacité à atteindre un statut professionnel supérieur.

Par exemple, une des études affirme que le contraceptif est à l’origine d’une baisse de motivation quant à la réussite d’un projet. Une seconde étude tend à démontrer que les femmes subissent une baisse de leurs performances dans le cas de tâches demandant une certaine persévérance. Citons également d’autres recherches montrant que les femmes qui ne prennent pas la pilule se sentent plus désirables et attirantes à mi-cycle.

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Crédits : GabiSanda / Pixabay

Une métaétude à relativiser

Les autrices de la métaétude expliquent également que l’effet des contraceptifs hormonaux sur l’accouplement et la compétitivité professionnelle serait en lien avec le statut relationnel. Selon une des études examinées, la pilule diminuait la compétitivité (autodéclarée) des femmes en couple, ce qui n’est pas le cas des femmes célibataires. Néanmoins, les différences de comportement entre les femmes prenant des contraceptifs hormonaux et les autres étaient assez faibles. Par ailleurs, les recherches scientifiques concernant les hormones synthétiques sont assez peu qualitatives et manqueraient de substance. Autrement dit, les résultats de la métaétude doivent être pris avec des pincettes.

Les auteurs se sont d’ailleurs aperçus qu’il n’existait aucune étude intégrant des essais contrôlés randomisés. Or, il s’agit ici d’un élément déterminant et indispensable dans l’évaluation d’un médicament ou traitement. De plus, plusieurs études ne prenaient pas en compte certaines différences importantes entre les participantes, comme leur âge. La plupart de ces recherches incluaient en outre des échantillons assez faibles, ce qui complexifie la généralisation des résultats. Sans surprise, les chercheuses ont donc affirmé que leurs résultats étaient préliminaires en raison des limites évoquées.