in

Que sait-on de la pilule anti-covid proposée par le laboratoire Merck ?

Crédits : HeungSoon/Pixabay

Dans le cadre d’un essai clinique, une pilule antivirale expérimentale développée par l’américain Merck aurait réduit de moitié les probabilités que les patients nouvellement diagnostiqués avec la Covid-19 soient hospitalisés. Ces résultats, publiés dans Nature Structural & Molecular Biology, doivent encore être approuvées par des pairs.

Nous disposons de plusieurs armes pour lutter contre la Covid-19 : notre système immunitaire, les masques, les règles de distanciation sociale et les vaccins, essentiellement. Toutefois, nous pourrions bientôt profiter d’un nouvel atout. Dans un essai clinique de stade avancé, une nouvelle pilule antivirale développée par le Laboratoire Merck en association avec Ridgeback Biotherapeutics aurait réduit de moitié le risque que les patients diagnostiqués avec la Covid-19 se retrouvent à l’hôpital ou meurent de la maladie.

Le médicament, appelé molnupiravir, pourrait être le premier médicament oral spécifiquement approuvé pour lutter contre la Covid-19, en supposant que les autorités sanitaires donnent leur accord. En attendant, les données de l’essai n’ont pas encore été évaluées par des pairs.

Comment fonctionne ce médicament et que nous dit l’essai ?

Le molnupiravir est un antiviral à large spectre. Il fonctionne en introduisant des mutations dans le matériel génétique du coronavirus, ou ARN, alors que l’agent pathogène essaie de se multiplier. Ainsi, le médicament imite un bloc de construction d’ARN et se cale dans la séquence d’ARN en croissance, entravant ainsi le processus en cours.

L’essai incluait 775 adultes diagnostiqués avec une Covid légère à modérée. Chacun des participants présentait au moins un facteur de risque associé à de mauvais résultats (diabète ou maladies cardiovasculaires). Dans les cinq jours suivant le développement des symptômes, les sujets ont été répartis au hasard pour bénéficier soit d’un traitement de cinq jours au molnupiravir, soit d’un traitement de cinq avec une pilule placebo, à raison de deux comprimés par jour.

Résultats : 29 jours après le début du traitement, 53 patients du groupe placebo (14,1% de l’échantillon) ont été hospitalisés ou sont décédés des suites de la maladie. Dans le groupe du molnupiravir, seulement 28 personnes (7,3 %) ont été hospitalisées. En outre, aucun décès n’a été enregistré dans ce groupe.

Concernant les effets secondaires, environ 35 % de ceux qui ont reçu du molnupiravir et 40 % de ceux qui ont reçu un placebo ont subi un “événement indésirable quelconque”. Le document ne précise pas ces effets. On ignore également s’ils étaient liés aux comprimés ou s’il s’agissait simplement de symptômes de la Covid-19. Au total, 1,3 % des participants traités au molnupiravir ont stoppé leur traitement à cause de ces effets, contre 3,4 % dans le groupe placebo.

sras-cov-2 covid merck
Crédits : visuals3Dde/Pixabay

Vers une demande d’autorisation d’urgence

Notez également qu’un comité indépendant de surveillance des données tout comme la FDA ont conseillé aux deux laboratoires d’arrêter de recruter de nouveaux participants à l’essai en raison de l’apparente efficacité du médicament. À ce stade, ils ont en effet jugé que donner aux participants un placebo au lieu de la pilule aurait été contraire à l’éthique.

Pour l’heure, ces résultats sont toujours soumis à examen. En cas de succès, Merck et Ridgeback Biotherapeutics prévoient de déposer une demande d’autorisation d’utilisation d’urgence (EUA) à la FDA dès que possible. Ils se tourneront également vers d’autres agences de santé gouvernementales. Merck a déclaré qu’il pouvait produire dix millions de ces pilules d’ici la fin de 2021.