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Ce pharaon égyptien a été violemment exécuté sur le champ de bataille

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Crédits : Sahar Saleem

D’après une étude publiée dans Frontiers in Medicine, le pharaon égyptien Seqenenre-Taa-II a probablement été exécuté par plusieurs assaillants sur le champ de bataille. La nouvelle recherche montre également que le corps du défunt était déjà entré dans un état de décomposition avant la momification et ses embaumeurs ont fait de leur mieux pour le préserver.

Seqenenrê Tâa a régné sur le sud de l’Égypte de -1558 à -1554. À cette époque, les Hyksôs, un groupe pluriethnique venant d’Asie, gouvernaient les territoires du nord, prenant notamment le contrôle d’Avaris, la capitale. Ces derniers permirent néanmoins aux dirigeants égyptiens de garder le contrôle sur le sud, à condition qu’ils rendent hommage au roi Hyskos. Sous son règne, Seqenenrê Tâa organisa finalement la résistance face à l’occupant pour tenter de l’évincer. Et visiblement, il en a violemment payé le prix fort.

Découverte dans les années 1880, la momie du pharaon avait été analysée une première fois aux rayons X dans les années 1960. À cette époque, les chercheurs avaient isolé plusieurs blessures au niveau du crâne. Il en était également ressorti que son corps était déjà entré dans un état de décomposition avant le processus de momification, menant les chercheurs à spéculer sur les circonstances de sa mort.

Plus récemment, une équipe de l’Université du Caire s’est appuyée sur des techniques plus modernes pour analyser de nouveau le corps du défunt. L’équipe s’est également penchée sur la littérature archéologique pour évaluer les différentes armes asiatiques précédemment découvertes dans l’ancienne capitale des Hyksôs. Ils en ont isolé cinq, trois poignards, une hache de combat et un fer de lance, dont les dates coïncidaient avec le règne et la mort de Seqenenre.

Une mort violente

Ces travaux ont alors révélé plusieurs points. Nous savons par exemple à présent que l’ancien pharaon est mort à l’âge de quarante ans, et qu’il mesurait environ 1,67m. L’étude a également confirmé que la momie était en très mauvais état. Il reste en effet très peu de tissus mous sur les os et la tête est détachée du reste du corps. Les restes d’un cerveau desséché et rétréci ont été retrouvés sur le côté gauche du crâne. Autrement dit, les embaumeurs ont décidé de ne pas le retirer, contrairement aux autres organes.

Les chercheurs ont isolé d’importantes blessures au niveau du crâne, dont une grande fracture sur son front infligée par objet tranchant et lourd, « comme une épée ou une hache« , selon le document. L’emplacement de cette blessure suggère également que l’assaillant se plaçait au-dessus du pharaon. Deux autres blessures pénétrantes (l’une sous son oreille gauche, l’autre dans la base de son crâne) ont probablement été causées par un fer de lance.

On ne sait pas laquelle de ces blessures a tué le pharaon en premier lieu. Toujours est-il que d’après les auteurs, n’importe laquelle aurait été mortelle.

L’état des mains et des poignets du pharaon suggère que ce dernier a souffert d’un spasme cadavérique qui affecte généralement les membres des personnes victimes de morts violentes. Ces spasmes cristallisent également souvent la dernière activité réalisée avant la mort. Dans ce cas, le positionnement des mains du pharaon suggère que ces poignets étaient attachés ensemble, probablement derrière son corps, lorsqu’il a été tué.

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Image en 3D du crâne gravement endommagé du pharaon. Crédits : Sahar Saleem

En première ligne avec ses soldats

Enfin, les auteurs ont confirmé que son corps était déjà en décomposition au moment de la momification. Ils soulignent également que les embaumeurs ont délibérément tenté de cacher les blessures du pharaon, « probablement comme une tentative désespérée d’embellir le cadavre blessé du roi« , peut-on lire.

Bien sûr, ce n’est que spéculation, mais toutes ces informations laissent donc à penser que Seqenenrê Tâa est mort sur le champ de bataille, encerclé par ses assaillants. « Cela suggère que le pharaon était vraiment en première ligne avec ses soldats, risquant sa vie pour libérer l’Égypte« , conclut Sahar Saleem, principal auteur de l’étude.