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Selon une étude, les pesticides rendraient les abeilles « ivres »

Crédits : William Jones-Warner / iStock

Des chercheurs britanniques ont dernièrement affirmé que les pesticides pouvaient endommager le cerveau de pollinisateurs tels que les abeilles. Ces produits chimiques les rendraient « ivres » et incapables de voler correctement. Cette altération de leur capacité à voler impacterait directement leur recherche de nourriture, et donc leur survie.

Un comportement visuel profondément détérioré

Et si les pesticides avaient le même effet sur les abeilles que l’alcool sur les humains ? Selon une étude publiée par une équipe de l’Université d’Oxford (Royaume-Uni) le 17 août 2022 dans la revue Frontiers, les pesticides modernes nuisent au cerveau des abeilles. Ils réduisent en effet leur agilité en vol et engendrent une sensation similaire à celle que ressentent les conducteurs alcoolisés au volant.

Rachel Parkinson, la principale auteure de l’étude, a mis en place une simulation sur le système nerveux et optique des abeilles. L’objectif ? Observer l’impact des pesticides sur ces insectes. En conclusion, les insecticides les plus courants tels que les sulfoximines et les néonicotinoïdes peuvent détériorer le comportement visuel des abeilles de manière profonde.

Selon les chercheurs, les tests effectués ont permis de mesurer la réponse optomotrice des abeilles, autrement dit leurs réflexes visuels. Naturelle chez ces insectes, cette réponse leur donne la capacité de se réorienter sur une trajectoire droite en cas de possible déviation involontaire (ex : vent). Or, lorsque ce réflexe n’est plus présent, les abeilles éprouvent du mal à voler et donc à trouver leur nourriture.

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Crédits : miroslavmisiura / iStock

Une chaîne alimentaire potentiellement menacée

Dans le cadre de ces recherches, les scientifiques ont évalué l’efficacité de la réponse optomotrice sur quatre groupes de 22 à 28 abeilles sauvages. Selon les groupes, les insectes avaient ingéré une solution de sucrose, soit naturelle, soit contenant des pesticides. Selon les résultats, les abeilles ayant ingéré la solution contenant des pesticides n’ont pas réussi les simulations optiques. Ainsi, les chercheurs s’inquiètent de ces résultats dans la mesure où la capacité de réponse des abeilles face à des informations visuelles est vitale pour leur vol, le maintien ou correction des trajectoires, et donc leur survie.

« Les insecticides néonicotinoïdes et sulfoximines activent les neurones dans le cerveau des insectes et ne sont pas toujours recyclés assez rapidement pour prévenir la toxicité », a indiqué Rachel Parkinson.

Les scientifiques affirment que si cette tendance se poursuit, certaines espèces d’abeilles pourraient disparaître, menaçant au passage toute la chaîne alimentaire. Rappelons tout de même que les abeilles, mais également les fourmis et autres scarabées disparaissent dix fois plus rapidement que les mammifères, oiseaux et reptiles.