Les perturbateurs endocriniens sont un ensemble de molécules ou d’agents chimiques incriminés dans le dérèglement du système hormonal. De nombreuses études ont démontré que ces perturbateurs influençaient l’état physiologique de l’homme et l’état comportemental de certaines espèces animales. Aujourd’hui, de nouveaux résultats mettent en avant un réel lien entre l’exposition aux perturbateurs endocriniens et une instabilité comportementale chez l’enfant ! 

Tout individu est exposé à plusieurs perturbateurs endocriniens quotidiennement. On retrouve le bisphénol A dans les contenants alimentaires (même s’il est maintenant interdit en France depuis 2015), le triclosan, un agent bactérien, dans les produits d’hygiène, ou encore le DBP (phtalate de dibutyle) dans les plastiques, les colles, les vernis ou encore les laques pour cheveux. Il est donc impossible de ne pas y être exposé, et ce, même avant notre naissance : les femmes enceintes exposées à des perturbateurs endocriniens y exposent en effet aussi leur bébé et d’après une équipe de chercheurs de l’INSERM, une des conséquences serait d’ordre comportemental et observable dès l’âge de trois ans !

Dans une nouvelle étude parue le 29 septembre dernier, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale français avance des résultats peu rassurants sur les conséquences engrangées par une exposition prénatale aux perturbateurs endocriniens. Les enfants en contact avec certains phénols et phtalates pendant leur propre développement embryonnaire auraient de fortes chances de développer des troubles comportementaux.

Crédits : StockSnap /Pixabay

L’étude expérimentale effectuée à l’Institut pour l’avancée des biosciences (Grenoble) par Rémy Slama et son équipe s’est déroulée dès 2003 sur près de 529 petits garçons. L’urine des femmes enceintes fut régulièrement analysée pour y définir un taux d’exposition aux perturbateurs endocriniens pendant la grossesse : en fonction de différentes substances perturbatrices, 70 à 100 % des femmes y étaient exposées ! C’est lorsque leurs enfants eurent trois ans puis cinq ans que ces mères ont dû répondre à un questionnaire sur les possibles troubles comportementaux présents chez leurs enfants (hyperactivité, troubles émotionnels et relationnels).

Et les résultats sont en totale corrélation avec ceux obtenus chez l’animal ! Par exemple, une exposition régulière au bisphénol A, un perturbateur endocrinien présent dans les biberons, récipients plastiques, CD et divers autres objets du quotidien, serait en lien avec le développement croissant de troubles relationnels dès l’âge de trois ans et l’apparition de signes d’hyperactivité dès cinq ans. Malheureusement, les taux mesurés de bisphénol A chez les femmes enceintes étaient toujours inférieurs aux normes mises en place par l’autorité européenne de sécurité alimentaire. Le triclosan serait quant à lui incriminé dans le développement de troubles émotionnels chez les enfants de trois et cinq ans. Les scientifiques ont aussi pu observer que le DBP provoquait des troubles relationnels et émotionnels, ainsi qu’un comportement de repli chez les jeunes bambins.

Ces résultats désastreux invitent le gouvernement à revoir les normes mises en vigueur et poussent encore plus les scientifiques à observer les conséquences physiologiques et comportementales d’une exposition aux perturbateurs endocriniens.

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