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Les personnes dites « ennuyeuses » : quels effets sur leur santé ?

Crédits : grinvalds / istockphoto

Certaines personnes sont considérées comme « ennuyeuses ». Cette qualification est généralement en relation directe avec les pratiques quotidiennes de ces individus. Or, l’impact psychologique et social qui en résulte peut avoir de graves conséquences. Des scientifiques se sont ainsi penchés sur les effets notoires ressentis par les victimes de cette critique.

Les métiers peu attrayants

Des chercheurs de l’Université d’Essex (Angleterre) ont demandé à des participants de citer les activités qui selon eux sont les plus ennuyeuses. Les domaines professionnels arrivés en haut de liste sont la comptabilité, l’analyse de données, la fiscalité. Pour les loisirs, ils ont désigné le fait de dormir, regarder la télévision, les activités religieuses, les mathématiques et l’observation des animaux. Et enfin les traits de personnalité concernaient les manques d’humour et d’opinion. À partir de ces informations, les scientifiques ont mené leur enquête sur ces gens prétendument ennuyeux.

L’isolement social des personnes ennuyeuses

Les individus perçus comme ennuyeux sont considérés par leurs pairs comme moins productifs et paressent moins chaleureux. Or, ce stéréotype peut avoir des répercussions néfastes sur leur santé mentale et conduire à leur exclusion sociale. Le sentiment de solitude pouvant aussi rendre le cœur malade. S’en suit alors un cercle vicieux où la personne mise à l’écart échange de moins en moins avec son entourage et accentue mécaniquement l’effet d’ostracisme. Ce conditionnement affecte peu à peu chaque aspect de leur vie, ne leur laissant pas l’occasion de prouver leur capacité.

« Les personnes perçues comme ennuyeuses peuvent donc être plus exposées au risque de préjudice. En outre, malgré le stéréotype négatif auquel peuvent être confrontés ceux qui exercent des emplois dans, par exemple, la comptabilité, la fiscalité et l’analyse de données, la société a besoin de personnes pour exercer ces rôles. […] Les personnes perçues comme ennuyeuses devraient peut-être plutôt bénéficier d’un peu de sympathie et de soutien », exprime un scientifique de l’étude publiée sur le site Society for Personality and Social Psychology.

solitude isolement

La « peur » de l’ennui

Les gens évitent donc ceux qui pratiquent un passe-temps ou un métier appréhendé comme rasoir pour se prémunir eux-mêmes de l’ennui hypothétiquement causé à leur contact. Il s’agit d’une sorte de mécanisme de défense, mais qui engendre un mal et un préjudice passif envers ces stigmatisés. Ces stéréotypes sont enracinés depuis longtemps dans la société et nuisent considérablement au quotidien de ces travailleurs.

Un caractère sociétal

Les chercheurs pensent également que le stéréotype des personnes ennuyeuses varie selon les sociétés. Par exemple, une population pour qui les activités religieuses tiennent une place prépondérante n’y verra pas un côté ennuyeux. En somme, les variations culturelles influeraient significativement sur cette perception. La durée d’un stigmatisme évoluerait également en fonction du mode de vie, car certaines évolutions sont très rapides. En outre, des hobbies et des métiers paraissant peu attractifs aujourd’hui peuvent devenir porteurs suite au changement de l’esprit collectif.

« La perception des emplois dans le domaine de l’informatique et des technologies de l’information, actuellement classés comme moyennement ennuyeux parmi nos professions, peut changer avec le temps, des activités telles que le codage et les jeux devenant peut-être progressivement plus courantes », expliquent les chercheurs de l’étude.