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Les enfants et adultes aisés sont plus assujettis à l’usure des dents

Crédits : Andrii Atanov / iStock

Une métaétude récente réalisée en Australie tend à démontrer qu’avoir un meilleur accès aux soins n’est pas forcément un gage de bonne santé dentaire. Les habitudes au quotidien et la disponibilité quasi exclusive d’un type de produits alimentaires pour les familles plus aisées dans certains pays expliqueraient cette disparité.

Les boissons « corrosives » plus accessibles

Les enfants et adultes ayant un statut socio-économique favorable s’exposeraient davantage à l’usure des dents. Cette conclusion est celle d’une métaétude publiée dans le Journal of Dentistry en décembre 2021. Les chercheurs de l’Université Griffith (Australie) ont passé en revue pas moins de 65 études sur le sujet provenant d’une trentaine de pays. Ces recherches concernaient plus de 60 000 personnes âgées entre 6 et 79 ans. L’objectif de cette métaétude était d’identifier un lien entre le statut socio-économique et la santé bucco-dentaire.

Selon les chercheurs, les adolescents allant dans une école privée, et dont les parents ont une meilleure éducation et de plus hauts salaires ont davantage de caries et une santé dentaire moins bonne. Le chercheur en dentisterie et santé bucco-dentaire Khaled Ahmed affirme que les personnes riches sont pratiquement les seules à avoir accès à certains produits dans plusieurs pays. Parmi ces produits, nous retrouvons les boissons énergisantes, les boissons gazeuses ainsi que les jus conditionnés. Or, ces aliments sont plus corrosifs, d’où un risque d’usure des dents plus important.

Un phénomène assez paradoxal

Rappelons que le temps est un des ennemis de la santé dentaire. Progressivement, l’émail des dents subit une érosion dont l’intensité dépend de plusieurs facteurs. Or, un de ces facteurs n’est autre que l’acidité des aliments. Toutefois, les personnes de familles ayant reçu une meilleure éducation sont moins susceptibles de laisser s’installer une telle usure pouvant déboucher sur une pathologie dentaire.

Ces personnes adoptent en général aussi des habitudes alimentaires plus saines et ont donc une meilleure hygiène bucco-dentaire. Elles s’exposent également moins aux risques de diabète et de reflux gastro-oesophagien. En revanche, certaines habitudes de brossage chez ces mêmes personnes ne sont pas toujours très bonnes, ce qui est assez paradoxal. Cela pourrait s’expliquer par un usage plus répandu de la brosse à dents électrique et des brosses classiques à poils durs, causant chez les adultes une usure plus rapide des dents.

dentifrice brosse à dents
Crédits : Pixabay / Bru-nO

Pour les meneurs de l’étude, l’enjeu est désormais de revoir la manière de communiquer sur l’hygiène dentaire. En 2019, un sondage montrait que 23 % des Français se brossent les dents moins de deux fois par jour. De plus, une personne sur quatre n’aurait pas encore pris l’habitude de se rendre chez le dentiste une fois par an comme les spécialistes le préconisent.