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Sur Mars, Perseverance a tiré son premier rayon laser

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Crédits : NASA/JPL

La SuperCam du rover Perseverance a tiré ses premiers rayons laser sur Mars, ciblant une roche située à quelques mètres. Ces opérations ont permis l’analyse de sa structure. Une fois de plus, ces nouveaux tests se sont déroulés avec succès, ouvrant désormais la voie aux prochaines missions scientifiques du rover.

Un premier tir pour la SuperCam

Au FOCSE, le centre français des opérations de la mission Mars 2020 installé au CNES à Toulouse, des chercheurs sont aux commandes de la caméra laser SuperCam de Perseverance. Il s’agit de l’une des pièces maîtresses du rover qui permettra à ce dernier sonder les preuves de vie passée sur la planète rouge.

Fixée sur un mât, elle propose un laser et trois spectromètres permettant l’analyse à distance de la composition chimique des roches. Concrètement, le laser pulsé tire sur sa cible, vaporisant sa couche superficielle et générant un plasma. L’image renvoyée de cette étincelle est ensuite analysée par les spectromètres.

Dans la nuit du 1er au 2 mars dernier, les chercheurs ont programmé le premier tir laser de cette SuperCam. La cible : caillou baptisé « Máaz », qui signifie « Mars » en navajo (peuple amérindien). L’opération s’est déroulée avec succès. Les observations de la SuperCam ont en effet permis à l’équipe de déterminer que cette roche avait une composition basaltique.

Pour rappel, les basaltes sont des roches ignées ou volcaniques communes sur Mars et sur Terre. En revanche, on ne sait pas pour le moment si Máaz elle-même est volcanique. Il est en effet également possible qu’il s’agisse d’une roche sédimentaire composée de grains ignés emportés en aval dans le cratère Jezero, avant d’être cimentés ensemble.

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Images en gros plans de la cible de la première cible de Perseverance. Crédits : NASA/JPL-Caltech/LANL/CNES/CNRS/ASU/MSSS

Les sons du tir laser enregistrés

Un microphone, également installé sur la SuperCam, a également permis aux équipes d’entendre les petits « claquements » générés par le laser frappant sa cible, ainsi que le son du vent dans l’atmosphère ténue de la planète. «Ces enregistrements ont démontré que notre micro fonctionne non seulement bien, mais que nous avons aussi un signal de très haute qualité pour nos études scientifiques», a déclaré Naomi Murdoch, de l’équipe SuperCam à Toulouse.

Notez que Perseverance n’a pas encore véritablement commencé son travail scientifique. La première grande tâche du rover consistera à trouver un « aérodrome » approprié pour l’hélicoptère Ingenuity, qui devra opérer un premier vol de démonstration.

Pendant ce temps le rover, qui se tiendra à bonne distance, tentera de documenter en images ce premier test historique. Il est possible que l’un des deux microphones du véhicule puisse capturer les sons des rotors d’Ingenuity en train de fouetter l’air martien, ont annoncé les chercheurs. Ça promet.