in

Perseverance se dirige vers le delta du cratère Jezero pour y trouver de la vie

Photo prise le 21 mars 2022 (Sol 385) à l'heure solaire moyenne locale de 15:45:40. Crédits : NASA/JPL

Perseverance tente actuellement de couvrir plus de terrain en un seul mois que n’importe quel rover avant lui. À la fin de ce voyage long de cinq kilomètres semé d’embuches, le véhicule atteindra un ancien delta de rivière susceptibles d’abriter des traces de vie passée.

À l’été 2020, la NASA profitait d’une fenêtre de lancement pour envoyer son rover Perseverance sur la planète rouge. Débarqué en février 2021, son principal objectif sera de chercher des traces de vie passée sur la planète et de mettre des échantillons de roche sous scellé. Dans cet esprit, l’agence américaine concentre ses investigations sur le cratère Jezero, une formation de 45 km de diamètre censée avoir abrité un delta de rivières il y a entre 3,5 et 3,9 milliards d’années.

Ce choix n’est pas anodin. En effet, nous savons de par notre expérience terrestre que les deltas sont très efficaces pour préserver les biosignatures grâce aux dépôts de silice hydratée présents dans certaines parties du cratère. Si la vie sur la planète rouge a déjà évolué, ses vestiges ont ainsi peut-être été balayés par le fleuve pour être déposés dans cet ancien delta du cratère Jezero qui abritait jadis un énorme lac.

Une analyse récente réalisée par des chercheurs de l’Université de Stanford (États-Unis) avait également déterminé que ces biosignatures auraient eu le temps d’imprégner les sédiments. Ce delta apparaît ainsi comme l’un des meilleurs endroits sur Mars pour y chercher des signes de vie microscopique passée. Mais encore faut-il y arriver.

Perseverance
Photo prise le 19 mars 2022 (Sol 383) à l’heure solaire moyenne locale de 09:52:34. Crédits : NASA/JPL-Caltech/ASU

Un voyage semé d’embuches

Depuis son arrivée sur la planète rouge, Perseverance évolue en effet à plusieurs kilomètres de là. Le 14 mars dernier, les responsables de mission ont décidé qu’il était temps de reprendre la route pour atteindre cette formation très prometteuse.

Pour ce voyage long d’environ cinq kilomètres qui doit prendre environ un mois, le véhicule s’appuie en grande partie sur son système AutoNav autonome qui a déjà établi des records de distance impressionnants. Ce système, le plus performant jamais pensé et développé pour un rover martien, permet à Perseverance de gérer des itinéraires beaucoup plus rapidement que si les humains programmaient chacun de ses mouvements.

L’AutoNav est particulièrement utile pour les trajets sur terrains plats, avec des dangers potentiels simples. Toutefois, ce nouveau trajet ne sera pas aussi simple. En cours de route se dresseront en effet plusieurs cratères, des bancs de sable et autres champs de roches pointues que le rover devra contourner. L’équipe de mission sera tout de même présente pour planifier l’itinéraire de base en utilisant des images prises depuis l’espace et en « marquant » les obstacles les plus dangereux.

Sur place, l’équipe scientifique prendra des images des roches pour sélectionner les plus intéressantes. Le rover se chargera ensuite de les forer pour en prélever des carottes. Ces échantillons seront ensuite mis de côté en vue d’un retour sur Terre prévu au début des années 2030 dans le cadre de la mission Mars Sample Return.