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Persévérance a tout ce qu’il faut pour trouver des preuves de vie sur Mars

Crédits : Nasa

En vue de la prochaine mission américaine sur la planète rouge, des astrobiologistes ont déployé les instruments du rover Persévérance en Australie, dans le cadre d’un test grandeur nature. Et les résultats sont prometteurs.

Sauf circonstances particulières, il est toujours prévu que la Nasa fasse décoller sa mission Mars 2020 dès cet été. Une fois sur place, en février 2021, le rover Persévérance sera libéré dans le cratère Jezero avec pour objectif principal de rechercher des traces de vie microbienne passée (ou présente, avec beaucoup de chance).

Un test en Australie

Pour l’appuyer dans cet exercice, le rover pourra compter sur plusieurs instruments de pointe, qu’il fallait bien évidemment tester en conditions réelles. Dans cet esprit, trois d’entre eux (des copies) ont récemment été déployés dans les Flinders Ranges, dans le sud de l’Australie. Nous ne sommes pas sur la planète rouge, mais l’environnement local est, sur Terre, ce qui semble se rapprocher le plus du paysage martien.

« Les Flinders Ranges sont un site parfait car c’est une zone sèche, poussiéreuse, venteuse et en même temps très stérile. C’est donc un très bon analogue pour chercher la vie sur Mars », explique Bonnie Teece, astrobiologiste à l’Université de Nouvelle-Galles du Sud.

Parmi les instruments déployés figurait la MASTCAM-Z qui, grossièrement, sera utilisée pour sélectionner les zones de prospection les plus prometteuses et inspecter visuellement les échantillons. Le spectromètre à rayons x PIXL était également de la partie. Sa fonction : discerner la composition chimique des roches sélectionnées. Et enfin SHERLOC, un spectrographe que le rover utilisera pour sonder la présence de molécules organiques et de biosignatures potentielles dans ces mêmes échantillons.

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Le rover Persévérance armé de ses instruments. Crédits : Nasa

Une mission qui promet

De manière générale, les trois instruments se sont effectivement montrés à la hauteur.

« Nous avons pu recueillir un niveau raisonnable de détails sur les échantillons et avons pu déterminer efficacement lesquels étaient les plus susceptibles de contenir des composés organiques fossilisés, explique la chercheuse. Ce qui est intéressant, c’est que nous avons trouvé des signes de vie microbienne ancienne de la période cambrienne (-541 à -485 millions d’années, ndlr). Nous avons même trouvé des fossiles physiques ».

Rappelons que la zone d’exploration du rover – le fond du cratère Jezero – est également très prometteuse. De récents travaux ont en effet suggéré la présence dans certaines parties du cratère de dépôts de silice hydratée, un minéral particulièrement efficace pour la préservation des biosignatures terrestres. Si des microbes ont un jour évolué sur Mars, il est donc fort possible que leurs traces soient encore visibles.

Encore une fois, les conditions sur Mars seront différentes de celles essuyées dans le sud australien. Néanmoins, il semblerait que Persévérance soit suffisamment armé pour mener à bien sa mission.

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