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Les périodes de glaciation ont des effets sur l’évolution que l’on ignorait jusqu’à maintenant

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Avec une meilleure évaluation de l’influence des variables environnementales, des chercheurs ont étudié l’évolution de la taille de mammifères et oiseaux en fonction de la température sur une période de 80 millions d’années.

Si l’on sait que les différents bouleversements climatiques qui ont eu lieu au cours de l’Histoire ont modifié la morphologie des espèces, on peine encore à savoir comment ce processus s’applique. Jusque-là, théorie de la radiation adaptative (phénomène conduisant à une forte diversification des espèces sur une courte période) était privilégiée, mais cette théorie évoque les facteurs biotiques (compétition entre les espèces pour l’accès aux ressources notamment) comme facteur principal d’évolution des espèces.

Toutefois, la théorie de la radiation adaptative omet une catégorie de facteurs dans l’évolution des espèces avec les bouleversements climatiques, à savoir les facteurs abiotiques (la concentration en CO2 dans l’atmosphère, la température…).

C’est alors un tout nouvel outil d’étude qui a été mis au point par deux chercheurs de l’Institut de biologie de l’École normale supérieure (Ibens), lequel donne une meilleure importance à ces facteurs environnementaux dans l’évolution des espèces. Dans leur étude publiée dans la revue PNAS, ils expliquent s’être concentrés sur les variations de masse corporelle des mammifères et des oiseaux d’il y a 80 millions d’années à aujourd’hui.

À partir des températures moyennes globales au cours des temps géologiques et des phylogénies moléculaires des mammifères et des oiseaux actuels, ils ont comparé les différents scénarios possibles d’évolution des masses corporelles le long des branches de ces phylogénies. Ils ont alors noté qu’à chaque période de refroidissement du climat, mammifères et oiseaux évoluaient bien plus rapidement.

« Les périodes géologiques froides pourraient être liées à des changements environnementaux rapides et brutaux à l’inverse des périodes plus chaudes qui seraient associées à davantage de stabilité sur le plan écologique », explique Hélène Morlon, chercheuse en écologie évolutive à l’Ibens et co-auteure de l’article.