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Pourquoi nous devrions peindre en noir l’une des pales des éoliennes

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Crédits : Roel May et al., (2020), Ecology and Evolution

Une étude menée sur plusieurs années montre que le simple fait de peindre l’une des trois pales des éoliennes suffirait à protéger les oiseaux des risques de collisions.

Nous dépendons actuellement de combustibles fossiles et de réacteurs à fission nucléaire pour produire suffisamment d’énergie. Les premiers sont polluants et les seconds à l’origine de nombreux déchets radioactifs. C’est pourquoi depuis plusieurs années maintenant, des solutions « vertes » sont proposées, comme les parcs éoliens.

L’énergie éolienne n’est pas parfaite. On ne parle pas ici des nuisances sonores. En réalité, à 500 mètres de distance, soit la distance minimale imposée par la réglementation française entre une éolienne et une habitation, le bruit est généralement inférieur à 35 décibels. À titre de comparaison, une fenêtre sur rue est quasiment deux fois plus bruyante.

En revanche, les éléments qui composent ce type de structures (les terres rares, les fibres de carbone) ne sont en effet pas recyclables et sont polluants. Un autre point négatif généralement soulevé est celui de la menace pour la biodiversité, et notamment pour les oiseaux.

Limiter les risques de collision

Avant toute chose, il est à noter qu’avant toute implantation d’éolienne, il est aujourd’hui obligatoire de réaliser une étude d’impact afin que les sites choisis pour ces fermes présentent le plus faible risque possible pour la faune. Ceci dit, le risque zéro n’existe pas. Et à terme, plus il y aura de parcs, plus les risques de collisions seront nombreux.

Cependant, peu de mesures de dissuasion ou d’atténuation rentables ont été développées jusqu’à présent pour réduire ces risques de décès. Dans le cadre d’une étude publiée dans Ecology and Evolution, des chercheurs norvégiens ont testé une approche simple et abordable : peindre l’une des pales en noir.

Les chercheurs ont mené leurs expériences à la centrale éolienne de Smøla, en Norvège. Le site a été construit en deux phases: 20 turbines de 2,1 MW ont été installées en septembre 2002, puis 48 autres turbines de 2,3 MW les ont rejoints en août 2005. Dans le cadre de ces travaux, seules quatre turbines peintes et quatre turbines non traitées voisines ont été utilisées.

L’équipe a également utilisé des chiens dressés pour rechercher des carcasses d’oiseaux dans un rayon de cent mètres autour des turbines « à intervalles réguliers ».

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Des chercheurs proposent de peindre les pales d’éoliennes en noir. Crédits : Roel May et coll., (2020), Ecology and Evolution .

-70% de collisions

Au final, plus de 9 500 fouilles ont été effectuées entre 2006 et 2016, menant à la découverte de 464 carcasses. Les chercheurs ont alors souligné « une réduction moyenne de 71,9% du taux de mortalité annuel près des turbines peintes par rapport aux turbines de contrôle« . Dans l’ensemble, et malgré le nombre limité de turbines incluses dans l’étude, ces résultats restent suffisants pour considérer sérieusement cette approche comme un moyen efficace de protéger les oiseaux.

Outre le nombre de vies sauvées, cette petite astuce permettrait également de réduire les coûts de réparation des éoliennes, mais aussi le manque à gagner en termes d’énergie (une turbine à l’arrêt ne peut pas produire d’électricité).