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Pays-Bas : voici les fermes d’élevage du futur

Une entreprise locale exploite un concept de ferme intelligente destinée à la fois à assurer une bonne productivité mais également à donner de bonnes conditions de vie aux animaux, selon les concepteurs. On reste toutefois dans un système d’élevage intensif, contesté par les défenseurs du bio.

« Nous sommes dans une ferme intelligente. Elle est équipée de caméras dernier cri, de capteurs et de microphones, et cela ne fait pas partie du système de sécurité : des chercheurs européens ont mis au point ces appareils pour améliorer les conditions de vie des animaux, et la productivité de la ferme » explique Julián López Gómez, envoyé spécial d’Euronews dont l’article a été publié le 9 mai 2016.

Cette ferme est située à Kessel, un petit village des Pays-Bas, dans la province du Limbourg. L’établissement comportant pas moins de 20.000 poules est exploité par la société Fancom, leader mondial en matière de I-farming, en particulier pour le développement de l’informatique et des systèmes d’automatisation pour le secteur du bétail d’élevage intensif.

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Les poules sont ici placées sous haute surveillance par le biais de multiples caméras et de microphones destinés à suivre leur mouvement. Le système est également en capacité d’envoyer des alertes à l’éleveur en cas de comportement considéré comme anormal, une sorte de BigBrother des poules.

L’éleveur Twan Colberts explique comment cet équipement peut améliorer le rendement tout en prenant soin des animaux :

« Les caméras et les micros m’aident à savoir en temps réel si les animaux sont stressés et pour quelles raisons. Je peux alors trouver plus vite des solutions efficaces, sans pour autant être en permanence à l’intérieur du poulailler. »

Luc Rooijakkers, responsable de projet chez Fancom, explique une situation en temps réel, en visionnant un de ses moniteurs :

« Si une ligne d’alimentation bloquait, vous verriez toutes les poules se déplacer de cette ligne d’alimentation vers une autre. Maintenant, on voit qu’elles se déplacent très vite, mais on ne sait pas pourquoi. Mais c’est peut-être parce que nous sommes très proches de la porte de la grange et que le son de nos voix leur parvient et les effraye. »

Des scientifiques de l’université de Louvain (Belgique) ont réussi à mettre au point les algorithmes ainsi que les systèmes utilisés, ayant la capacité de comprendre les raisons des comportements inhabituels des animaux. Les chercheurs indiquent que le taux de réussite d’une telle technologie est de 95%.

« Le placement des volailles au sein du poulailler varie selon des facteurs comme le climat, la température, la qualité du sol. Nous savons quels sont les niveaux à maintenir dans une ferme pour qu’ils puissent, une fois combinés, avoir un effet sur le comportement des animaux. Ce qui fait que nous pouvons faire des prévisions et distinguer, avec assez de finesse, les véritables difficultés des volailles dans la ferme » explique Alberto Pena Fernandez, biologiste dans l’université belge.

La société Fancom comporte également des solutions pour l’élevage des cochons. Dans ce cas, le système est prévu pour repérer rapidement, dans les étables, les cochons qui tousseraient de manière inquiétante, une façon optimisée de lutter contre la propagation des maladies respiratoires.

« En général, je n’ai que dix minutes pour vérifier une étable. Cela fait 2 ou 3 secondes par animal. Mais avec ce système qui repère si un animal tousse de manière inquiétante, leur état de santé est contrôlé sept jours sur sept et 24 heures sur 24. Je peux donc être plus réactif et, éventuellement, limiter la propagation d’une maladie » indique John Verhoijsen, éleveur de cochon.

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Les chercheurs de l’université de Louvain expliquent les prochains paliers à franchir à l’avenir, dont le point de départ se situe dans la vingtaine de fermes expérimentales et des six élevages de précision établis aux Pays-Bas :

« Une des étapes ultérieures sera d’installer Internet dans toutes les fermes européennes. On en est encore loin. Le fermier du futur ne vendra plus seulement de la viande ou des animaux, mais des données. Cela sera de nouvelles informations pour tout le monde le long de la chaîne alimentaire jusqu’aux consommateurs » indique Daniel Berkmans de l’université de Louvain.

Sources et crédit photos : EuronewsFancom