in ,

La pauvreté est-elle un facteur aggravant de la maladie d’Alzheimer ?

pauvreté
Crédits : Yurii Klymko / iStock

Et si être pauvre pouvait causer des dommages plus importants au cerveau et favoriser les risques de maladies comme Alzheimer ? Cette question a été traitée dans une étude menée récemment au Québec. Ces travaux ont ainsi permis d’identifier le possible lien entre la gravité de la maladie d’Alzheimer et les inégalités de revenus dans les pays occidentaux.

Un Alzheimer plus prononcé chez les pauvres ?

La Fondation pour la Recherche médicale estime que 55 millions de personnes sont atteintes de démences dans le monde (d’après des chiffres de l’OMS). Or, la maladie d’Alzheimer serait responsable de 60 à 70 % des cas et toucherait 15 % de la population au-delà de 80 ans. Dans ce contexte, la recherche se poursuit. Récemment, des chercheurs américains ont par exemple travaillé sur une mutation rare potentiellement utile dans la lutte contre la maladie.

Et si un grand nombre de personnes atteintes d’Alzheimer étaient pauvres ? Des chercheurs de l’École de santé publique de l’Université de Montréal (Québec) se sont penchés sur la question dans une métaétude publiée dans le Journal of Aging & Social Policy en août 2023. les auteurs expliquent avoir consulté quatre bases de données de référence regroupant dix-huit études concernant des individus présentant des changements de type Alzheimer (sans démence).

Selon les résultats, la probabilité de développer un Alzheimer modéré serait inversement associée au taux de pauvreté, mais également à certaines dépenses publiques en matière de soins de santé. Les chercheurs estiment ainsi que plus les inégalités s’avèrent importantes, plus les personnes sont exclues du système de soins, ce qui favoriserait la détérioration de leur santé.

démence Alzheimer
Crédits : wildpixel / iStock

Un lien qui reste à prouver

Une chose est certaine : les choix politiques déterminent la répartition des facteurs de protection, notamment de la santé cardiovasculaire, face au développement de la démence. Ainsi, le pouvoir politique joue un rôle clé dans la préservation de la santé cognitive des personnes âgées. Néanmoins, il est difficile d’évaluer les politiques publiques. Ainsi, les auteurs de l’étude n’ont pas réussi à démontrer qu’investir davantage pourrait faire en sorte de baisser le niveau de démence. De plus, il est important de rappeler que généralement, les changements au cerveau sont multifactoriels.

Les chercheurs ont tout de même souligné que chaque point de pourcentage de l’indice de GINI (une mesure statistique du niveau d’inégalité d’une variable dans la population) augmente le risque de développer une démence plus prononcée.

En conclusion, il est donc aujourd’hui impossible d’affirmer avec assurance que la pauvreté représente un facteur aggravant de la maladie d’Alzheimer. Cependant, si ce lien se trouve un jour réellement avéré, il vaudrait également pour un grand nombre de maladies non génétiques.