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Des patients holographiques aident à former des étudiants en médecine

L'un des patients holographiques. Crédits : CUH/GigXR.

À Cambridge, une application de formation en réalité mixte permet aux étudiants et juniors de pratiquer la médecine sur des patients holographiques. Cette technologie a été particulièrement bénéfique durant la mise en place des restrictions liées à la COVID-19.

Des hologrammes pour apprendre

Les étudiants en médecine d’Addenbrooke, un centre hospitalier universitaire de Cambridge, sont les premiers au monde à se « faire les dents » sur des patients holographiques en réalité mixte grâce à une nouvelle application baptisée HoloScenarios.

Pour le moment, le programme de formation se concentre uniquement sur les affections respiratoires. L’hologramme propose des patients souffrant d’asthme, suivi d’une anaphylaxie, d’une embolie pulmonaire et d’une pneumonie. Cependant, d’autres modules en cardiologie et en neurologie sont en cours de développement.

Dans le détail, les apprenants doivent porter des casques de réalité mixte Microsoft HoloLens. Ils peuvent alors se voir tout en interagissant avec des patients holographiques. Grâce au même type de casque, les instructeurs médicaux peuvent modifier les réponses des patients et introduire des complications. Ils peuvent également enregistrer des observations ensuite partagées à distance grâce à Internet.

« Avoir un patient hologramme que vous pouvez voir, entendre et avec lequel vous pouvez interagir est vraiment excitant et fera vraiment une différence dans l’apprentissage des élèves« , explique le jeune médecin Aniket Bharadwaj, qui a été l’un des premiers à essayer la nouvelle technologie pendant la pandémie. « Cela rend la formation beaucoup plus interactive et réaliste, et vous pouvez en toute sécurité faire des erreurs et en tirer des leçons« .

Vers une démocratisation de cette approche ?

Pour l’heure, cette technologie n’est encore disponible qu’à Cambridge, mais les responsables du projet espèrent qu’elle pourra bientôt s’étendre dans le reste du monde. Avec le bon casque et un smartphone ou une tablette, les apprenants du monde entier pourraient alors accéder aux scénarios de formation. Les enseignants de Cambridge pourraient ensuite évaluer leurs progrès et faire des ajustements si besoin.

« Nous aidons à faire évoluer l’éducation d’un modèle basé sur le mentorat vers un modèle où les étudiants du monde entier peuvent avoir un accès égal à une expertise de haut niveau pour maîtriser les compétences cliniques basées sur l’invention« , souligne le Dr Arun Gupta, chef de projet et anesthésiste à Hôpital universitaire de Cambridge.

En plus d’être immersive, cette nouvelle technologie pourrait également fournir une formation plus rentable. Traditionnellement, les simulations médicales nécessitent en effet des centres de simulation dédiés et du matériel qu’il faut entretenir. Des professeurs doivent également être embauchés, tout comme les personnes servant de « cobayes ». Ce nouveau programme n’exige rien de tout cela.

En parallèle, l’équipe de Cambridge mène également des recherches visant à tester l’efficacité de cette approche en tant que ressource d’apprentissage et d’enseignement.