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Un patient reçoit une seconde greffe de visage après le rejet de la première

Crédits : Pisabay / sasint

Il avait reçu une première greffe il y a douze ans, mais son organisme avait fini par rejeter le greffon. Dans une démarche risquée, les chirurgiens ont décidé de tenter de transplanter un deuxième visage, cette fois d’un donneur différent. Une première dans le monde.

Le 15 janvier dernier, un homme était ainsi opéré à l’hôpital européen Georges-Pompidou de Paris pour recevoir une seconde greffe de visage. Cette opération complexe a été réalisée par une équipe dirigée par le professeur Laurent Lantieri, spécialiste de ce type d’interventions. Elle a démarré « lundi 15 janvier en début d’après-midi et s’est terminée mardi 16 janvier en début de matinée », ont indiqué vendredi l’Agence française de la biomédecine et l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). Cette intervention « démontre pour la première fois dans le domaine des greffes vascularisées composites (face et main) qu’en cas de rejet chronique, une retransplantation est possible », soulignent les deux institutions.

Si la chirurgie s’est en soi bien passée, il faudra néanmoins attendre encore des semaines avant que les médecins puissent déterminer ou non si la greffe a réussi. Les receveurs de transplantations d’organes sont en effet toujours confrontés à la possibilité d’un rejet. Comme mesure préventive, ils doivent généralement prendre des médicaments immunosuppresseurs pour le reste de leur vie après la procédure. Ces médicaments ne sont en revanche pas sans risques. En 2016, la patiente qui reçut la première transplantation au monde il y a 12 ans, Isabelle Dinoire, est décédée des suites d’un cancer compliqué, dont on ne sait pas s’il a été causé par ce rigoureux régime de médicaments immunosuppresseurs.

Depuis 2005, seule une trentaine de greffes du visage ont été réalisées dans le monde, dans sept pays différents. Si depuis une dizaine d’années les techniques et compétences chirurgicales ont évolué, la menace imminente de rejet, ainsi que les médicaments nécessaires pour prévenir une telle complication, nécessitent encore davantage de recherches afin de permettre aux patients les meilleures chances de survie.

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