Un passage rapide d’El Niño à La Niña est à venir. Quelles en seront les conséquences ?

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Crédits : NicoElNino/istock

El Niño pourrait bientôt céder la place, ouvrant la voie à un changement rapide vers son schéma atmosphérique et océanique opposé : La Niña.

El Niño et La Niña : deux phénomènes opposés

El Niño et La Niña sont deux phénomènes climatiques majeurs qui se distinguent par leurs effets opposés sur les schémas météorologiques à l’échelle mondiale, créant ainsi des conditions atmosphériques et océaniques contrastées.

Pendant El Niño, les alizés, ces vents réguliers qui soufflent normalement de l’est, faiblissent, ce qui permet à l’eau chaude de s’accumuler dans l’est du Pacifique. Cette perturbation des courants océaniques influence les précipitations, les températures et les phénomènes météorologiques dans diverses régions du globe, notamment en Amérique du Sud, en Amérique du Nord et en Asie.

En revanche, pendant La Niña, les alizés se renforcent et poussent les eaux chaudes vers l’ouest du Pacifique, provoquant alors une remontée d’eau froide le long de la côte des Amériques. Ce changement dans la circulation océanique a des conséquences opposées sur le climat. Il peut induire des conditions météorologiques plus sèches dans certaines régions, tandis que d’autres peuvent faire face à des tempêtes plus intenses et des précipitations abondantes.

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Pendant un phénomène El Niño, les températures ont tendance à augmenter dans plusieurs régions du globe. Crédits : by-studio/iStock

Un changement rapide à venir

Nous savons qu’un nouvel El Niño s’est officiellement déclenché dans le Pacifique au cours de l’année 2023, laissant présager un été particulièrement chaud en Europe. Cependant,  le Centre de prévision climatique de la NOAA rapporte désormais que le phénomène s’affaiblit, avec 85 % de chances de passer à des conditions neutres avant juin. Les Centres nationaux de prévision environnementale rapportent que la Niña devrait ensuite revenir en force avec une probabilité de 60 % de conditions La Niña entre juin et août.

Quelles conséquences ?

À l’échelle mondiale, un tel événement devrait entraîner une baisse des températures, bien que les effets ne se fassent pas sentir immédiatement, ce qui signifie que 2024 pourrait encore figurer parmi les années les plus chaudes de l’histoire du climat. Rappelons également que si pendant El Niño les vents plus forts en altitude peuvent inhiber la formation et l’intensification des tempêtes tropicales, pendant La Niña, les conditions sont plus propices à leur formation. En raison de la combinaison attendue de La Niña et des températures de surface de l’océan Atlantique actuellement très chaudes, les prévisionnistes prévoient ainsi une saison de tempêtes très active dans l’Atlantique pour cette année.

En Amérique du Nord, cela pourrait signifier une augmentation du risque d’ouragans majeurs touchant les côtes est et sud-est des États-Unis, ainsi que des zones côtières du Mexique et du Canada. Les États insulaires des Caraïbes sont également particulièrement vulnérables aux tempêtes tropicales et aux ouragans lors de saisons actives.

En Europe, bien que les ouragans perdent généralement de leur intensité en se déplaçant vers le nord et l’est, les tempêtes résiduelles peuvent encore avoir un impact significatif sur les régions côtières en provoquant des vents violents, de fortes pluies et des inondations.