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Paris : des nanotubes de carbone dans les poumons des enfants

Crédits : Wikimedia Commons / Guillaume Paumier

Il y a quelques semaines, une information surprenante a été révélée : la présence de nanotubes de carbone dans les poumons des enfants vivant dans la capitale française. Cette découverte a été faite sur des enfants asthmatiques, mais l’ensemble de la population serait concerné.

L’étude ayant révélé la nouvelle a été publiée dans la revue EBioMedecine en octobre 2015, et a été menée par l’équipe du Professeur Fathi Moussa, professeur de Chimie Analytique à l’Université Paris-Saclay. Les scientifiques avaient analysé les cellules des voies respiratoires de 64 enfants asthmatiques (garçons et filles âgés de 2 mois à 17 ans).

« Notre travail est le premier à avoir montré que tout un chacun est exposé de façon chronique à des nanotubes de carbone dans l’air, conséquence des activités de l’Homme » expliquait Fathi Moussa.

La récupération des cellules a été faite par le biais de la bronchoscopie, un examen très fréquent pour le dépistage de l’asthme. Sur l’intégralité des échantillons, tous comportaient des nanotubes de carbone. Pire, chez cinq d’entre eux ont été découverts des macrophages, des cellules immunitaires présentes dans des tissus exposés aux infections ou l’accumulation de débris, dont les poumons.

Ces nanotubes ont une taille variant entre 10 et 60 nanomètres de diamètre, alors que certains peuvent mesurer jusqu’à plusieurs centaines de nanomètres. Ces nano-matériaux correspondent à ceux que l’on trouve dans les gaz d’échappement. Ainsi, les nanotubes de carbone des pots catalytiques se retrouvent dans l’air que l’on respire, et terminent donc dans les poumons humains sans que change leur forme ou leur état.

La découverte précise alors que selon notre degré d’exposition à ce genre de pollution, chacun d’entre nous est susceptible de porter ce genre de nanotubes. Les scientifiques cherchent alors à comprendre l’effet à long terme de ces nanotubes, le temps requis afin de s’en défaire ainsi qu’à évaluer le nombre de ces nanotubes dans les organismes.

Crédits : CCME Orsay / CNRS
Crédits : CCME Orsay / CNRS

« Ce qui est potentiellement dangereux, c’est que la forme fibreuse de ces nanotubes a des similitudes avec celle de l’amiante, qui va facilement se loger dans les poumons. Cela mérite donc d’être étudié de manière plus approfondie » indique le chercheur Damien Alloyeau de l’Université Diderot-Paris 7.

Le Laboratoire d’étude des techniques et instruments d’analyse moléculaire (LETIAM, IUT d’Orsay) estime qu’il est pour l’instant impossible de préciser la toxicité des nanotubes de carbone. Si en effet, les effets des particules fines sont connus (diabète, maladies respiratoires, asthme, cancer du poumon…), les effets des nanotubes de carbone, une des composantes des particules fines, sont méconnus. L’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) indique également que les nanotubes doivent faire l’objet de recherches plus approfondies.

Sources : Sciences et Avenir – Mr MondialisationLes Échos

Crédit photos : Imgur / CCME Orsay – CNRS