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Des parents s’indignent de la fermeture d’un service de cancérologie pas comme les autres

Crédits : Capture vidéo

Le départ à la retraite d’une pédiatre et cancérologue pourrait bien sonner le glas de son service qui est réputé pour offrir à ses jeunes patients des traitements individualisés au lieu de protocoles standardisés. Cette annonce a soulevé l’indignation de nombreux parents qui se battent depuis lors pour sauver cette unité unique située à Garches (Hauts-de-Seine).

Travaillant à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches, le docteur Nicole Delepine a œuvré, avec son équipe, à offrir aux enfants malades une médecine individualisée qui se base essentiellement sur un traitement connu et reconnu depuis trente ans, à savoir le méthotrexate. L’idée d’utiliser cette molécule lui vint au cours des années 80, lorsqu’elle découvrit les résultats publiés par le cancérologue américain Gerald Rosen et qui annonçaient une chance de survie de 80% en moyenne pour l’ensemble des cancers. Dès lors, elle s’efforça d’appliquer ce traitement en l’adaptant à chacun de ses patients, en fonction de son âge et de la nature du cancer.

Une dénonciation des essais cliniques

Le Docteur Delepine s’est également farouchement opposé à inclure en première intention les patients dans des essais thérapeutiques. « Les essais thérapeutiques (un procédé par lequel, les enfants atteints de cancer reçoivent un médicament expérimental ou, un médicament qui a fait ses preuves, NDLR) font perdre des chances de survie aux enfants [..] Je l’ai découvert en 1986, il n’y avait que 40% de guérisons. Je ne suis pas devenue médecin pour guérir 4 enfants sur 10 » a-t-elle ainsi expliqué au figaro.

Par ailleurs, pour expliquer le fait que la majorité des autres services font entrer directement la majorité des enfants malades dans des protocoles expérimentaux, elle n’hésite pas à pointer du doigt l’industrie pharmaceutique. « Il existe un lien incestueux entre l’industrie pharmaceutique et les traitements proposés. Et c’est la politique menée par le gouvernement. Aujourd’hui, 80 % des enfants entrent dans ces essais. Le Plan cancer 2014-2019 prévoit d’ailleurs de les généraliser. ».

«Le patient se transforme souvent en cobaye. On lui fait passer des essais thérapeutiques alors que dans certains cas on sait parfaitement comment le guérir», a-t-elle également déclaré au journal Liberation.

Fermeture du service annoncé

C’est suite à l’annonce de son départ en retraite que l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a programmé la fermeture du service dont elle avait la charge et de transférer les patients à l’hôpital Ambroise Paré. Cette nouvelle n’a d’ailleurs pas manqué de soulever l’indignation de 200 parents d’enfants hospitalisés qui se sont regroupés au sein d’une association nommée AMETIST et qui ont porté plainte pour « délaissement » devant le tribunal de grande instance de Nanterre, puis devant le tribunal administratif de Paris. L’AP-HP a quant à elle justifié son acte en dénonçant un service ne respectant pas « les bonnes pratiques » et « faisant l’objet de controverses », comme le souligne le site lepoint.

Le service n’aurait pourtant pas à rougir de ses résultats puisque le Dr Delépine revendique un taux de guérison de plus de 80%. Taux qu’elle n’a cependant pas pu publier dans une étude scientifique puisque cela impliquerait des essais cliniques systématiques qu’elle refuse. «C’est vrai qu’on n’a pas publié d’essais thérapeutiques puisqu’on n’en fait pas, mais on a publié nos résultats. Ils ont été répertoriés et confirmés», a-t-elle indiqué, selon le journal Libération.

« La plupart des praticiens n’ont jamais voulu reconnaître les méthodes du docteur Delépine jugées dérangeantes. Pourtant, les traitements qu’elle dispense sont efficaces et n’ont rien de révolutionnaire : ils existent depuis 30 ans », a expliqué Dominique Hauteville, cancérologue à l’hôpital Paul-Brousse de Villejuif, relayé par le site lepoint.fr.

La lutte des parents continue

Après une grève de la faim menée par quatre parents dans la chapelle de l’hôpital et qui s’est finalement couronnée par une intervention des CRS le 6 juillet, l’un des derniers espoirs pour que le service perdure réside dans la décision du tribunal de grande instance de Paris qui rendra son verdict le 24 juillet prochain.

En parallèle, des parents ont également lancé une pétition à l’intention du Premier Ministre, Manuel Valls, qui a actuellement récolté plus de 78.000 signatures.

«Nous nous battons pour que globalement, et pas seulement chez nous (à Garches, ndlr), les patients aient le droit au choix thérapeutique» et «le droit à ne pas être inclus dans des essais thérapeutiques», plaide le Dr Delépine, relayée par le site libération.

Sources: lefigarolepointliberation