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Le Parc Astérix ferme son delphinarium, une “victoire pour le bien-être animal” qui n’en est pas réellement une

Crédits : christi_j/pixabay

Nicolas Kremer, Directeur général du célèbre Parc Astérix de Plailly (Oise), vient d’annoncer la fermeture de son delphinarium. Les cétacés, comme les otaries, auront disparu pour la réouverture du parc programmée (pour le moment) au 3 avril.

En septembre dernier, la ministre de la Transition écologique, Barbara Pomili, avait annoncé une série de mesures en faveur du bien-être animal. Parmi elles : la “fin progressive” des animaux sauvages dans les circuits itinérants, mais aussi l’interdiction progressive de la reproduction et de l’introduction de nouveaux orques et dauphins dans les delphinariums du pays. Pour rappel, la France compte trois établissements de ce genre, dont un au Parc Asterix. Son directeur, Nicolas Kremer, a pris finalement les devants, annonçant la fermeture définitive de sa structure.

Interrogé par le Parisien, Nicolas Kramer souligne que cette décision avait été actée il y a déjà trois ans. Depuis, des discussions entamées avec plusieurs spécialistes, scientifiques et autres association étaient en cours pour tenter de trouver la bonne solution pour le bien-être des animaux. “Aujourd’hui, la solution de placement pour nos huit dauphins et nos cinq otaries est finalisée“, explique le directeur.

Transférés vers d’autres delphinariums

La remise en liberté de ces dauphins et otaries étant malheureusement impossible, et les sanctuaires marins n’étant pour l’heure qu’à l’état de projets, tous ces animaux rejoindront prochainement d’autres delphinariums en Europe. “C’est la solution, élaborée avec l’Association Européenne des Mammifères Aquatiques, qui est apparue la meilleure pour leur assurer de bonnes conditions de vie. Nous avons choisi l’Europe car nous savons que d’autres pays du monde n’offrent pas les mêmes garanties“.

Naturellement, cette “victoire” annoncée pour le bien-être animal n’en est pas réellement une. La Fondation Droit animal, a Fondation Droit animal a salué sur Twitterun pas de plus vers la fin de la captivité des cétacés”, tout en estimant que “le transfert vers d’autres delphinariums” n’était “pas satisfaisant”.

Dans les colonnes du Parisien, Nicolas Kramer souligne de son côté que ses équipes ont “toujours veillé au bien-être” de leurs animaux. Avec cette décision, il n’entend pas non plus montrer l’exemple, considérant que les structures de Planète Sauvage (Loire-Atlantique) et Marineland (Alpes-Maritimes) ont “un vrai rôle dans la conservation, la connaissance scientifique des espèces et la sensibilisation du public à leur sauvegarde“. Au Parc Asterix, en revanche, la détention de dauphins et otaries devenait “presque incongru“, explique t-il. Aussi le Parc tourne la page animale pour se recentrer sur activité principale.

Rappelons également que mardi commencera à l’Assemblée nationale l’examen de la proposition de loi de lutte contre la maltraitance animale, qui prévoit (entre autres mesures) que la détention des cétacés en captivité soit interdite, tout comme leur participation à des spectacles.

Parmi les membres du personnel du delphinarium (une dizaine de personnes), certaines seront reclassées en interne, quand d’autres se tourneront vers d’autres projets. Enfin l’amphithéâtre en plein air de 2 000 places, au centre duquel dauphins et otaries opéraient leurs tours, sera conservé pour proposer un nouveau spectacle aquatique.