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Par leurs gènes, les pères pourraient transmettre l’expérience du froid à leurs enfants

Crédits : pixabay

La façon dont nos gènes sont exprimés peut être modifiée par des facteurs environnementaux ou le style de vie. Il semble également que ces changements peuvent même être hérités des parents. Une nouvelle étude, par exemple, révèle que les souris mâles qui passent du temps dans des environnements froids peuvent transmettre cette « expérience » à leur progéniture.

L’an dernier, une expérience de la NASA a examiné comment l’espace pouvait affecter l’expression des gènes. En comparant ceux d’un astronaute qui a récemment passé une année sur la Station spatiale internationale à ceux de son frère jumeau resté sur Terre, les chercheurs ont repéré un grand nombre de différences. Mais ces changements sont-ils héréditaires ? Une étude menée en 2015 suggérait que les survivants de l’Holocauste pouvaient transmettre le traumatisme subi à leurs enfants. Si l’étude reste encore controversée, cette nouvelle recherche faite sur des souris semble confirmer l’hypothèse.

Menée par des scientifiques de l’ETH Zurich en Suisse, l’approche visait ici à déterminer si la température ambiante pouvait affecter ou non l’expression génique de la progéniture. Pour ce faire, les chercheurs ont gardé un groupe de souris à une température confortable de 23 °C, tandis qu’un autre groupe évoluait à une température maintenue à 8 °C. Après quelques jours, les rongeurs ont été autorisés à s’accoupler, et les bébés résultants ont ensuite été examinés. Les chercheurs se sont notamment concentrés sur les niveaux d’adipose brun. Cette version « saine » du tissu adipeux est connue pour garder au chaud les bébés humains. Contrairement à la graisse blanche, la graisse brune brûle plus facilement.

Les chercheurs ont alors constaté que la progéniture des souris mâles gardées au froid avant la conception avait des niveaux plus élevés de graisse brune que celle dont les pères avaient vécu plus confortablement. Lorsque les jeunes souris ont été nourries avec un régime riche en graisses, celles avec des géniteurs maintenus « au frais » ont également pris moins de poids que le groupe témoin.

Fait intéressant, la température à laquelle les mères ont été maintenues ne semblait pas avoir d’effet sur la santé de leur progéniture. Il semble donc que les changements épigénétiques affectent la méthylation de l’ADN des spermatozoïdes. Rappelons que si ces effets ont été observés chez les souris, rien ne dit que la même chose se produit chez l’humain – mais la découverte semble s’accorder avec d’autres observations. Les chercheurs ont analysé des images de tomographie par ordinateur de 8 400 patients, et ont constaté qu’en général, les personnes conçues dans la moitié plus froide de l’année ont plus de graisse brune que ceux dont les parents ont procréé pendant l’été.

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