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Où en est la très attendue mission Dragonfly qui doit se poser sur Titan ?

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La mission Dragonfly de la NASA devait être lancée en 2027 et arriver sur Titan, la lune de Saturne, en 2034. Crédit : NASA/Johns Hopkins APL/Steve Gribben

La mission Dragonfly de la NASA a été autorisée à poursuivre les travaux de conception et de fabrication finales de la mission. Connus sous le nom de phase C, ils auront lieu au cours de l’exercice 2024. Voici quels seront les objectifs de cette mission très attendue. 

Un parfait exemple de Terre primitive

Explorer Titan, la plus grande lune de Saturne, suscite un vif intérêt scientifique en raison de ses caractéristiques uniques. Titan est en effet enveloppé d’une atmosphère dense, principalement composée d’azote avec des traces de méthane et d’autres hydrocarbures. Sa surface est façonnée par des mers et des lacs d’hydrocarbures liquides, créant ainsi un paysage extraterrestre captivant.

Au-delà de son atmosphère et de sa topographie singulières, Titan offre également des indices sur les conditions prébiotiques qui ont prévalu sur la Terre primitive. Les molécules organiques complexes présentes dans son atmosphère et sur sa surface pourraient donc fournir des informations précieuses sur les processus chimiques qui ont conduit à l’émergence de la vie sur notre planète.

Un drone pour explorer la lune

Dans ce contexte, la mission Dragonfly de la NASA représente une initiative audacieuse pour explorer Titan de manière approfondie. Ce drone sera conçu pour se poser sur la surface de Titan, effectuer des analyses in situ et réaliser des vols à la manière d’un hélicoptère pour explorer différentes régions de cette lune fascinante.

L’objectif principal de cette mission sera d’étudier les composés organiques et les processus chimiques sur Titan en mettant l’accent sur la recherche de précurseurs de la vie. Pour opérer, le drone emportera donc une variété d’instruments scientifiques. Ces derniers se chargeront alors d’analyser la composition chimique de la surface, de mesurer les propriétés atmosphériques et d’étudier la géologie de la lune.

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Illustration du drone Dragonfly en train de voler au-dessus de la surface de Titan. Crédits : NASA/JHU-APL

Des progrès, mais encore des incertitudes

En ce qui concerne son développement, la mission vient d’être autorisée à poursuivre les travaux de conception et de fabrication finales de la mission (phase C) au cours de l’exercice 2024. Accessoirement, l’agence reporte également la confirmation officielle de la mission (y compris son coût total et son calendrier) jusqu’à la mi-2024. Pour se justifier, l’agence évoque une incertitude budgétaire. Aux dernières nouvelles, la mission devait ainsi décoller en 2027.

Le point important à retenir est que plus tôt cette année, la NASA a affirmé dans un communiqué que Dragonfly a satisfait à tous les critères de réussite de sa revue de conception préliminaire. « L’équipe Dragonfly a réussi à surmonter un certain nombre de défis techniques et programmatiques dans cette entreprise audacieuse visant à rassembler de nouvelles données scientifiques sur Titan« , a déclaré Nicola Fox, administratrice associée de la direction des missions scientifiques de la NASA. « Je suis fière de cette équipe et de sa capacité à faire avancer tous les aspects de la mission vers la confirmation« .

En attendant, la priorité absolue de cette division de la NASA est d’achever le développement de la mission Europa Clipper. Elle doit être lancée vers le système jovien en octobre 2024. D’autres priorités incluent les missions qui ont réussi leurs examens de confirmation, telles que le vaisseau spatial NEO Surveyor, qui vise à rechercher des astéroïdes proches de la Terre, et le rover VIPER, qui cherchera des traces de glace d’eau sur la Lune.