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Organes artificiels : les greffes seront-elles bientôt obsolètes ?

Crédits : iStock

Les transplantations cardiaques risquent d’être obsolètes d’ici 10 ans, selon un chirurgien spécialisé. Celui-ci déclare qu’il serait temps de passer aux pompes artificielles et à la thérapie cellulaire dans le but de répondre à une demande toujours plus croissante.

Les listes de patients ayant besoin d’une transplantation d’organe sont de plus en plus longues, plus que celles de patients désireux (et capables) de faire un don. Selon la British Heart Foundation (BHF), le nombre de patients en attente d’une transplantation cardiaque au Royaume-Uni aurait par exemple augmenté de 162% au cours de ces dix dernières années. Alors, existe-t-il d’autres alternatives ? Un demi-siècle après la première transplantation cardiaque réussie, réalisée par le chirurgien cardiologue sud-africain Christiaan Barnard, certains pensent que la transplantation d’organes ne sera bientôt plus nécessaire.

Je pense que d’ici dix ans, nous ne verrons plus de transplantations cardiaques, sauf pour les personnes atteintes de cardiopathie congénitale, où seul un nouveau cœur fera l’affaire“, explique à The Telegraph Stephen Westaby, de l’hôpital John Radcliffe d’Oxford. Grand partisan de la transplantation cardiaque, le chercheur note cependant que les progrès technologiques récents en médecine offriront bientôt des solutions de rechange qui pourraient faire économiser du temps, de l’argent, et par-dessus tout, des vies.

Comment une société apprécie-t-elle un traitement qui a besoin de la mort d’une jeune personne pour ensuite n’être applicable qu’à moins de 1% de ceux qui pourraient en bénéficier ?“, pose ainsi le chercheur.

Je pense que la combinaison des pompes cardiaques et de cellules souches pourrait être une alternative qui pourrait aider beaucoup plus de gens“, explique-t-il. Au premier rang de ces progrès médicaux, bien que controversées, figurent en effet les cellules souches. Même si des questions éthiques se posent, des études ont déjà prouvé qu’il est aujourd’hui possible de “faire pousser” des organes en laboratoire. Organes qui pourraient ensuite être implantés.

La science a également permis de produire des organes artificiels en utilisant l’impression 3D. Appliquée à la médecine, la technique dite de “bioprinting 3D” s’est déjà montrée remarquable, bien qu’encore émergente. Jusqu’à présent, les scientifiques ont réussi à imprimer en 3D plusieurs organes, y compris une glande thyroïde, un implant tibial déjà implanté chez un patient, ainsi qu’un patch de cellules cardiaques. Ce n’est ici qu’un début, semble-t-il, puisqu’il existe aujourd’hui une institution dédiée exclusivement à l’avancement de ces techniques de bioprinting.

Celles-ci pourraient donc bientôt répondre aux pénuries de donneurs toujours plus grandes. L’avenir de la médecine régénérative se présente alors comme un organe synthétique qui pourrait être rapidement imprimé, et à un prix abordable, capable de subvenir aux besoins de chaque patient.

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