C’est une première mondiale : une équipe de chercheurs annonce avoir pour la toute première fois réussi à faire croître un embryon de souris artificiel dans une boîte de pétri à partir de simples cellules souches.

Comme nous tous, les chercheurs ont longtemps cherché à comprendre ce qu’était « la vie ». Certains aimeraient d’ailleurs la créer. La création d’une première cellule « synthétique » en 2010 avait déjà ouvert la voie, mais une équipe de chercheurs de l’Université de Cambridge vient de faire un pas de plus en réussissant à créer un embryon de souris artificiel en laboratoire en utilisant deux types de cellules souches qui se sont assemblées et organisées spontanément sous les yeux de chercheurs. Une première qui pourrait mener les chercheurs à résoudre certains des grands mystères qui planent encore sur les débuts de la vie, mais qui pourrait aussi répondre à de nombreuses questions ouvertes telles que les mécanismes à l’origine de nombreuses maladies, les causes de l’infertilité masculine ou encore le fait que neuf embryons sur dix ne parviennent pas à prendre racine dans l’utérus.

Les cellules souches ont ici été cultivées en dehors du corps dans une goutte de gel et ont pu se transformer en plusieurs organes internes à un stade précoce comme dans un embryon normal. Pour réussir cet exploit, les scientifiques ont utilisé deux types de cellules souches, ces fameux blocs élémentaires clés à l’origine de la vie biologique qui ont la particularité de se multiplier à l’infini et de pouvoir se transformer en n’importe quelle cellule spécialisée. Les chercheurs détaillent ensuite avoir mis en commun des cellules souches embryonnaires avec des cellules souches trophoblastes extraembryonnaires également indispensables pour le bon développement de l’embryon (ces dernières servent à former le placenta). Ils ont ensuite utilisé un troisième type de cellules spécialisées dans la mise en place de l’échafaudage sur lequel l’embryon se développe. Une fois mises en contact, toutes ces cellules ont commencé à « se parler » pour ensuite s’organiser en une structure en trois dimensions. Petit à petit, ces cellules se sont multipliées et in fine, un embryon artificiel est né.

La grande nouveauté de cette étude est que les cellules souches se sont développées exactement de la même façon et au bon endroit comme dans l’utérus avec notamment la formation de cellules germinales destinées à devenir des œufs et du sperme et la cavité amniotique dans lequel l’embryon se développe. La structure 3D aura permis aux chercheurs d’observer non seulement les cellules elles-mêmes, mais aussi la façon dont elles sont influencées par la position qu’elles occupent.

Au-delà de la prouesse, cette découverte pourrait donc permettre de mieux comprendre les toutes premières étapes de la vie. Car si l’on comprend très bien comment un ovule et un spermatozoïde fusionnent en une cellule œuf et comment l’embryon se développe une fois qu’il est accroché à l’utérus, les quelques jours entre ces deux phénomènes restent encore mystérieux et soulèvent de nombreuses questions. Les auteurs précisent également vouloir bientôt tester le procédé avec des cellules souches humaines pour créer des embryons artificiels humains.

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