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Ils ont créé un cerveau virtuel pour mieux comprendre l’épilepsie

Crédits : HypnoArt/Pixabay

Pour mieux comprendre l’épilepsie dont la cause reste encore inconnue pour une moitié des patients, des chercheurs ont réussi pour la toute première fois à créer un cerveau virtuel pour pouvoir reconstituer le cerveau d’une personne atteinte d’épilepsie.

L’épilepsie, une affection neurologique qui touche 1% de la population mondiale est une maladie complexe. D’abord parce qu’elle touche les personnes de manière différente, mais aussi par les moyens limités de sa compréhension. En effet, jusque-là, comprendre ses mécanismes relève surtout de l’interprétation visuelle d’une IRM et d’un électroencéphalogramme. Or chez 50% des patients, l’IRM ne révèle aucune anomalie visible, laissant les causes inconnues.

Alors, pour la première fois, une équipe française (CNRS, Inserm) a réussi à créer un cerveau virtuel permettant de reconstituer le cerveau d’une personne atteinte d’épilepsie, comme ils l’expliquent dans la revue Neuroimage. Une prouesse qui va leur permettre à la fois de mieux comprendre les mécanismes de la maladie, mais aussi d’aider les chirurgiens à mieux maîtriser les gestes chirurgicaux à appliquer.

Ce cerveau se présente sous une forme numérique « de base », à laquelle sont ajoutées les informations individuelles d’un patient, comme la façon dont sont organisées les régions de son cerveau et l’interconnexion des aires entre elles. Une fois ces informations incluses, il est possible de tester sur ce cerveau virtuel des modèles mathématiques engendrant une activité cérébrale.

Les scientifiques ont ainsi pu reproduire le lieu d’initiation des crises d’épilepsie ainsi que la manière dont elles se propagent. « Ce cerveau a donc une véritable valeur de prédiction du fonctionnement des crises pour chaque patient, ce qui offre un diagnostic beaucoup plus précis« , expliquent dans un communiqué les chercheurs.

Une évolution primordiale dans la compréhension de cette maladie puisqu’en plus de la difficulté à la comprendre. Chez 30% des patients, les médicaments sont inefficaces et la seule alternative est la chirurgie, qui elle-même n’est efficace que si le chirurgien connaît les zones à opérer. « Le cerveau virtuel permet aux chirurgiens d’avoir une « plate-forme » virtuelle. Ils peuvent ainsi repérer les zones à opérer, en évitant pour ce faire d’avoir à procéder à un geste invasif, et surtout de préparer l’opération en testant différents gestes possibles en voyant lequel est le plus efficace et quelles sont ses conséquences, chose évidemment impossible à faire sur le patient« , expliquent les chercheurs.

La technologie va également être mise à l’essai sur d’autres pathologies cérébrales, comme l’AVC, Alzheimer, les maladies neurodégénératives, ou encore la sclérose en plaques.

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