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On ne sait toujours pas combien de temps dure une journée sur Saturne

Crédits : Pixabay

Tandis que la sonde Cassini poursuit sa mission suicide en effectuant des plongées hebdomadaires entre Saturne et ses anneaux, les chercheurs constatent que le champ magnétique de la planète n’a aucune inclinaison discernable. En d’autres termes, on ne sait toujours pas combien de temps dure une journée sur Saturne.

23,934 : c’est la durée précise d’un jour terrestre, c’est-à-dire d’une rotation complète de la Terre autour de son axe prenant comme référence un point précis sur la surface. Seulement la méthode appliquée pour déterminer le taux de rotation des planètes rocheuses du Système solaire ne fonctionne pas pour les géantes gazeuses comme Saturne, cachée par une épaisse couche nuageuse. Il est effectivement difficile de repérer un point fixe à sa surface. Les astronomes sont donc contraints d’utiliser d’autres indices pour déterminer cette vitesse de rotation comme la variation de son champ magnétique. Mais les dernières données renvoyées par la sonde ne suggèrent aucune inclinaison discernable. On n’est donc pas plus avancés !

Sur la base des données recueillies par l’instrument magnétomètre de Cassini, le champ magnétique de Saturne semble être étonnamment bien aligné avec l’axe de rotation de la planète. Cette observation est en contradiction avec la compréhension théorique des scientifiques sur la façon dont les champs magnétiques sont générés. Les champs magnétiques planétaires nécessitent un certain degré d’inclinaison pour maintenir les courants circulant à travers le métal liquide présent à l’intérieur des planètes (dans le cas de Saturne, peut-être de l’hydrogène métallique liquide). Sans aucune inclinaison, les courants finiraient par diminuer et le champ disparaîtrait. Dans le cas de Saturne, toute inclinaison du champ magnétique rendrait possible l’oscillation quotidienne de l’intérieur profond de la planète, révélant ainsi la vraie longueur de la journée de Saturne. Mais les données sont toujours évasives.

« L’inclinaison semble être beaucoup plus petite que précédemment estimée et très difficile à déterminer« , explique Michele Dougherty, de l’Imperial College à Londres, qui travaille sur la mission. « Nous n’avons pas été en mesure de résoudre la durée d’une journée sur Saturne jusqu’à présent, mais nous y travaillons toujours« . L’équipe continuera de recueillir et d’analyser les données pour le reste de la mission, y compris lors du dernier plongeon de Cassini dans l’atmosphère de Saturne prévu pur le 15 septembre prochain.

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