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On est tous un peu Néandertaliens confirme une étude

Crédits : Musée de Néandertal, H. Neumann

Une étude confirme aujourd’hui que même les personnes d’ascendance africaine ont des gènes néandertaliens, ce qui était auparavant mis en doute.

Nos cousins Néandertaliens sont nés il y a environ 430 000 ans en Europe et en Asie centrale. Nous savons que des humains modernes se sont croisés après avoir quitté l’Afrique il y a environ 200 000 ans. Des études génétiques ont effectivement suggéré que de nos jours, environ 1,5 % de l’ADN des personnes d’ascendance européenne et environ 1,7% de l’ADN des personnes d’ascendance asiatique a été légué par Neandertal.

Jusqu’à présent en revanche, il était supposé que les personnes d’ascendance africaine n’étaient pas impliquées par ce transfert génétique. Après tout, les Néandertaliens n’ont jamais habité l’Afrique.

C’est d’ailleurs ce qui a façonné les études génétiques précédentes. Sur cette hypothèse, les gènes néandertaliens identifiés chez des personnes d’ascendance européenne et asiatique ont en effet été découverts en comparant leurs génomes à celui de personnes d’ascendance africaine, en supposant qu’ils étaient une base de référence exempte de gènes Néandertaliens.

Mais était-ce vraiment le cas ? Si non, les études antérieures pourraient donc avoir été biaisées.

Pour le savoir, des chercheurs de l’Université de Princeton (États-Unis) ont mis au point une nouvelle technique très complexe. Pour faire simple, celle-ci leur a permis de détecter le degré d’ascendance archaïque dans l’ADN de tous les génomes. Autrement dit, ils n’ont cette fois pas eu besoin d’un génome de référence.

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Des hommes de Neandertal près d’un feu. Crédits : Pixabay / 12019

Une étude qui chamboule tout

En appliquant leur nouvelle méthode sur les données du “1000 Genomes Project”, qui retient les génomes de personnes de toutes origines, il ont alors découvert des signatures néandertaliennes étonnamment élevées – 0,3% – chez les personnes d’ascendance africaine. Certains de ces gènes, expliquent-ils, jouent un rôle dans le système immunitaire et la sensibilité à la lumière ultraviolette.

Par ailleurs, les deux premières estimations ont également été revues à la hausse. La nouvelle étude suggère que 1,8% du génome des Asiatiques et 1,7% du génome des Européens ont été légués par Neandertal.

Ainsi, cette nouvelle étude montre que la composante néandertalienne des génomes des personnes modernes d’ascendance européenne et asiatique a été sous-estimée dans les études précédentes, car elle était masquée par les signatures néandertaliennes auparavant non reconnues dans les génomes africains utilisés comme échantillons de référence.

« Tous ceux qui vivent aujourd’hui portent l’héritage de Neandertal »

Mais le plus intéressant est que, si effectivement il y a du “Neandertal” chez les Africains, cela suggère que les mouvements migratoires de nos ancêtres ont été plus nombreux et complexes que prévu. Autrement dit, il y a entre 100 000 et 200 000 ans, des humains modernes se sont rendus en Europe, se sont mêlés aux Néandertaliens, et sont ensuite revenus en Afrique. Les gènes de nos anciens cousins se sont ensuite répandus dans tout le continent.

« Finalement, tous ceux qui vivent aujourd’hui portent cet héritage de Neandertal, conclut Joshua Akey, principal auteur de l’étude. Nous montrons des preuves irréfutables que les migrations, à la fois hors d’Afrique et vers l’Afrique, ont joué un rôle de premier plan dans l’élaboration des modèles de variation génétique humaine ».

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