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On connait enfin l’une des causes du syndrome de l’intestin irritable

Crédits : AndreyPopov / istock

Un gastro-entérologue belge a récemment fourni une explication à l’un des mécanismes à l’origine du syndrome de l’intestin irritable. Or, cette maladie se caractérise par des douleurs abdominales faisant suite à la consommation de certains aliments. Rien qu’en France, ce syndrome concerne plus de 5 % de la population.

Un des mécanismes à l’œuvre élucidé

Nombreuses sont les personnes ayant déjà ressenti des douleurs abdominales après avoir consommé un aliment. Le fait est que cela se produit sans que ces mêmes personnes ne soient sujettes aux allergies ou atteintes de la maladie cœliaque. Ainsi, il est sûrement question d’un syndrome de l’intestin irritable (SII). Sans gravité, ce syndrome est tout de même handicapant si celle-ci est chronique. Or, le fait est que son origine est méconnue, alors qu’il existe de fortes suspicions de facteurs multiples.

Dans une étude parue dans la revue Nature le 13 janvier 2021, un gastro-entérologue belge a mis en évidence un des mécanismes à l’origine du syndrome de l’intestin irritable. Pour l’intéressé, le syndrome en question fait suite à une infection intestinale, une hypothèse que son équipe a tenté de démontrer.

syndrome de l'intestin irritable
Crédits : Scientific Animations/Wikipedia

Une expérience très parlante

Dans le cas d’un intestin sain, il n’y a naturellement aucune stimulation des cellules immunitaires en présence d’aliments. En revanche, dans un intestin atteint par le SII, certains aliments stimulent les mastocytes, ces cellules de l’immunité innée. Ces dernières sécrètent une molécule – l’histamine, à l’origine des douleurs abdominales. Guy E. Boeckxstaens et son équipe ont pris comme point de départ l’hypothèse suivante : de nombreuses personnes souffrent du SII en raison d’une infection intestinale. Ils ont également évoqué une possible explication : le système immunitaire de ces individus est devenu sensible aux aliments transitant dans leurs intestins au moment même de l’infection.

Des souris ont fait l’objet d’une simulation d’infection intestinale. Les chercheurs ont infecté plusieurs animaux avec une bactérie et les ont nourris avec de l’ovalbumine (protéine de l’œuf). Après la mise en échec de l’infection par le système immunitaire, les scientifiques ont à nouveau nourri les souris avec l’ovalbumine. Résultat ? Les mastocytes se sont activés et ont sécrété l’histamine. Ceci a donc eu pour effet de générer des douleurs abdominales, alors qu’il n’était aucunement question d’une présence bactérienne. Du côté des rongeurs n’ayant subi aucune infection par la bactérie au départ, les meneurs de l’étude n’ont observé aucun changement.

Ainsi dans le cas du SII, il est question d’une réponse immunitaire anormale, locale et non systémique. Autrement dit, l’histamine a fait l’objet d’une sécrétion dans la zone impactée initialement par l’infection bactérienne. Enfin, les chercheurs ont affirmé avoir également observé ce phénomène chez les humains, ce qui leur a permis d’appuyer leur hypothèse.