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On connaît désormais l’origine des quatre souches du virus du Sida

Crédits : PublicDomainPictures / Pixabay

Chez l’Homme, les quatre souches virales de l’infection du virus du Sida sont désormais connues. Si l’on en connaissait jusqu’ici seulement deux, provenant des chimpanzés, une équipe internationale de chercheurs vient de découvrir l’origine des deux restantes, et celles-ci sont à attribuer aux gorilles.

C’est dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) qu’une équipe internationale de chercheurs a publié ce lundi ses travaux, élucidant ainsi les origines de toutes les souches virales de l’infection chez l’homme. Le VIH (Virus de l’immunodéficience humaine) se décline en fait en deux variantes : Le VIH-1, très répandu et responsable de la majorité des infections dans le monde, et le VIH-2.

Le VIH-1 est composé de quatre groupes distincts, qui ont tous une origine qui a résulté d’une transmission du singe à l’homme à au moins quatre occasions : le M (responsable de la pandémie du Sida, infectant 99 % des porteurs du virus dans le monde), le N, le O et le P.

On connaissait jusque là l’origine des groupes M et N. Ce sont des chimpanzés du Cameroun qui ont transmis l’infection à l’Homme, via le virus d’immunodéficience simienne (VIS). Mais on ne connaissait en revanche pas l’origine des groupes O et P. Le P n’a été jusque là détecté que chez deux individus en tout, mais on estime que le O est porté par près de 100.000 personnes, en Afrique centrale et occidentale.

L’origine des groupes O et P provient donc des gorilles, plus précisément celui des plaines du sud-ouest du Cameroun. C’est ce qu’affirme cette étude publiée dans la revue PNAS, un résultat qui a pu être obtenu en analysant génétiquement les déjections de chimpanzés et de gorilles du Cameroun, du Gabon, de la République Démocratique du Congo et d’Ouganda.

« Cette étude montre que, comme les virus de l’immunodéficience simienne (VIS) infectant des chimpanzés, ceux des gorilles sont aussi capables de traverser la barrière des espèces et peuvent provoquer des épidémies », a déclaré Martine Peeters, virologue à l’Institut Français pour la Recherche et le Développement (IRD) et de l’université de Montpellier. « Ces travaux permettent de mieux comprendre l’origine de cette maladie, et de mieux évaluer les risques futurs pour les populations humaines », conclut-elle.

Cette étude nous apprend donc que le VIH provient d’une transmission du virus de l’immunodéficience simienne (VIS), qui infecte donc ces grands singes. Pour les chercheurs à l’origine de cette étude, ce virus aurait franchi la barrière des espèces lors de chasses, par des morsures de singes infectés, par des écorchures lors de leur dépeçage, ou encore lors de la consommation de viande de brousse, probablement dans les années 40.

Des travaux qui viennent donc combler les lacunes que nous avions sur la connaissance d’un virus qui a déjà infecté environ 75 millions de personnes.

Sources : PNAS, reuters,