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Les oiseaux migrateurs ont une parade pour éviter la surchauffe en raison du soleil

Crédits : AGD Beukhof / iStock

Si les humains sont sensibles au soleil, c’est également le cas des oiseaux migrateurs. Ils passent malgré tout leurs journées dans les airs, plus proches du Soleil en raison de la prise d’altitude. Heureusement, ces volatiles ont une astuce pour éviter la surchauffe comme le relate une étude récente.

Résister à la sévérité du Soleil

Saviez-vous qu’une espèce d’oiseaux sur cinq sont est migratrice ? Ces espèces parcourent chaque année des milliers de kilomètres afin de rejoindre différents lieux en fonction des saisons.  D’une manière générale, les oiseaux migrateurs doivent néanmoins faire face à un risque permanent, à savoir la surchauffe. En prenant de l’altitude durant leur voyage, ils se rapprochent du Soleil. Or, la luminosité augmente proportionnellement à la baisse de l’efficacité des filtres UV de l’atmosphère, et ce, même si la température baisse également.

Les oiseaux migrateurs ont cependant une astuce pour éviter la surchauffe. Une étude parue dans la revue Current Biology le 6 décembre 2021 et menée par l’Institut Max Planck (Allemagne) et l’Université Massey (Nouvelle-Zélande) donne des précisions à ce sujet.

Selon les chercheurs, les espèces migratrices ont tendance à avoir un plumage plus clair que les espèces sédentaires. Par le passé, la même équipe avait déjà démontré que les espèces au plumage plus clair vivaient plutôt sous des latitudes aux températures plus élevées et où les zones d’ombre sont moins présentes. Or, un tel plumage permet de résister à la sévérité du Soleil. Par ailleurs, cette nouvelle étude prend en compte le changement d’altitude de vol des oiseaux. En effet, ces derniers volent plus haut le jour et plus bas la nuit.

oiseaux migrateurs
Crédits : claffra / iStock

Une adaptation évolutive

Les scientifiques ont codé les teintes de toutes les espèces d’oiseaux de l’Encyclopédie des oiseaux du monde du plus clair au plus foncé (de 0 à 100). Ensuite, ils ont comparé les informations obtenues avec le comportement migratoire de l’espèce. D’autres facteurs ont aussi été pris en compte en cas d’influence sur la couleur du plumage. Par exemple, certains migrateurs ont des contraintes d’aérodynamisme en lien avec un plumage plus foncé dans le dos. En effet, un plumage dorsal plus sombre permet d’avoir moins de frottements avec l’air, et donc de bénéficier de meilleures performances de vol.

Selon les résultats, les espèces effectuant les plus grandes distances (plus de 2 000 km par an au moins) perdent davantage en mélanine et ont donc un plumage plus clair. Par ailleurs, ces résultats sont invariables chez les espèces d’oiseaux migrateurs, et ce, peu importe leur taille et leur caractère aquatique ou terrestre.

Les chercheurs estiment que ces travaux pourraient permettre de mieux comprendre certains éléments en lien avec les impacts du réchauffement climatique et les adaptations évolutives que les oiseaux pourraient développer avec le temps.