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Un nouveau rapport témoigne du déclin des oiseaux en Europe

Crédits : GregDelaunay/Pixabay

Des Açores aux montagnes de l’Oural, les oiseaux, considérés comme les pierres angulaires des écosystèmes européens, sont en train de disparaître. D’après un nouveau rapport, une espèce d’oiseaux sur cinq serait en effet menacée sur le Vieux Continent. Les oiseaux de mer, les échassiers et les rapaces sont les plus touchés.

Le but de la conservation de la nature est de maintenir les espèces communes en vie de manière à empêcher l’extinction d’espèces plus menacées. Les humains peuvent alors profiter des services fournis par la nature comme la pollinisation, le filtrage de l’eau ou la protection contre les inondations. Dans le cadre d’une étude récente, des chercheurs de l’ONG BirdLife International ont évalué le risque d’extinction des 544 espèces d’oiseaux sauvages, les meilleurs indicateurs pour mesurer la santé de la biodiversité, sur le continent européen.

Pour ce rapport, les espèces ont été classées en différentes catégories de « moins préoccupante » à « éteinte » sur la base de données recueillies par des milliers d’experts et de bénévoles.

Un bilan préoccupant

Ce nouveau bilan, le quatrième proposé par l’ONG BirdLife International, nous apprend qu’une espèce d’oiseau sur cinq est aujourd’hui menacée d’extinction tandis qu’une sur trois a décliné au cours des dernières décennies.

Plus précisément, 13 % (71 espèces) des espèces d’oiseaux sont menacées. Sur cet échantillon, environ 2 % (8 espèces) sont « En danger critique d’extinction », près de 3 % (15 espèces) sont « En danger » et près de 9 % (48 espèces) sont classées comme « Vulnérables », tandis que cinq espèces sont considérées comme « Éteintes ».

Comparé au dernier bilan publié en 2015, 84 espèces ont fait face à des changements. Sur cet échantillon, 37 espèces ont intégré une catégorie de risque d’extinction supérieure. À titre d’exemple, le martinet commun est aujourd’hui quasi menacé, tandis que les corbeaux et la bécassine commune sont désormais considérés comme vulnérables en raison de fortes baisses depuis 2015, date à laquelle ils avaient été classés parmi les « moins préoccupants ».

Notez que pour que les espèces soient classées dans la catégorie « quasi menacée », la population doit avoir diminué de 25 % sur trois générations. Lorsque les déclins sont supérieurs à 30 %, ils entrent dans la catégorie « menacée », rappelle le Guardian.

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Une aigrette garzette (Egretta garzetta), une espèce désormais présente en Angleterre en raison d’un climat plus doux. Crédits : John Lauper/Autorité du parc national des South Downs/PA

Restaurer les habitats naturels

D’après ce nouveau rapport, les échassiers, les rapaces et les oiseaux de mer sont les espèces les plus touchées, essuyant un déclin de 40 %, 25% et 30% respectivement depuis 2015.

Les principaux facteurs du déclin de ces populations comprennent sans surprise le changement d’affectation des terres à grande échelle, les pratiques agricoles intensives, la surexploitation des ressources marines, la pollution des eaux intérieures, les pratiques forestières non durables et le développement des infrastructures.

Pour les auteurs du rapport, des « travaux de restauration à grande échelle, parallèlement à la protection des quelques habitats naturels restants en Europe, aideront non seulement les oiseaux à survivre, mais aussi l’humanité à survivre« , peut-on lire dans un communiqué.

Ce rapport ne propose pas que de mauvaises nouvelles. Le Milan royal (Milvus milvus) et le Bouvreuil des Açores (Pyrrhula murina) sont notamment deux exemples de conservation réussie, soulignant que des approches d’espèces ciblées peuvent effectivement fonctionner.