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Un oiseau vient de battre le record de migration sans escale

Crédits : The Gardian

Il y a quelques semaines, un oiseau migrateur a rejoint la Nouvelle-Zélande depuis l’Alaska sans prendre une seule pause. Le vol record a duré onze jours.

La barge rousse (Limosa lapponica) est un oiseau migrateur connu pour voler sur plusieurs milliers de kilomètres sans escale. Ces échassiers passent leurs étés dans les régions arctiques de l’hémisphère nord, où ils se reproduisent, puis rejoignent l’Australie ou la Nouvelle-Zélande pour passer l’hiver. Le précédent record était jusqu’à présent détenu par un spécimen ayant parcouru, en 2007, près de 11 680 km au cours d’un voyage le menant de l’Alaska jusqu’en Nouvelle-Zélande. Ce vol avait été effectué en environ neuf jours. Mais tous les records sont faits pour être battus.

Récemment, le groupe de conservation Global Flyway Network a suivi un nouveau spécimen mâle, désigné 4BBRW. D’après les chercheurs, l’oiseau aurait quitté le sud-ouest de l’Alaska le 16 septembre pour finalement se poser onze jours plus tard dans une baie près d’Auckland, en Nouvelle-Zélande. Au total, cette barge rousse aurait alors parcouru un peu plus de 12 200 km, traversant une grande partie du Pacifique.

D’après Jesse Conklin, du Global Flyway Network, l’oiseau aurait normalement dû atteindre la Nouvelle-Zélande un peu plus tôt. Au cours de son voyage, des vents violents l’ont en effet poussé vers l’Australie. Ceci expliquerait pourquoi 4BBRW a parcouru autant de kilomètres. Toujours d’après le chercheur, cette barge rousse, qui aurait atteint une vitesse maximale d’environ 89 km/h en vol, n’a probablement pas dormi pendant son voyage.

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Une barge rousse. Crédits : Andreas Trepte

Un oiseau conçu comme un avion de chasse

On ne sait pas vraiment comment ces oiseaux arrivent à se repérer sur une aussi longue distance, ni comment ils arrivent à tenir le coup physiquement. «Ils survolent en effet l’océan pendant des jours et des jours au milieu du Pacifique, où les terres sont absentes, explique en effet Jesse Conklin. Ils arrivent ensuite en Nouvelle-Calédonie et en Papouasie-Nouvelle-Guinée, où il y a pas mal d’îles, et nous sommes peut-être anthropomorphes, mais on dirait vraiment que ces oiseaux, en repérant ces terres, se disent “oh, je dois commencer à virer ou je vais manquer la Nouvelle-Zélande”».

Le chercheurs rappellent également que ces oiseaux ont un taux de carburant-énergie incroyablement efficace. «Ils sont conçus comme un avion de chasse. Leurs ailes longues et pointues et leur design élégant leurs confèrent un grand potentiel aérodynamique».

Notez que ces oiseaux, comme beaucoup d’autres malheureusement, sont répertoriées par l’UICN comme une espèce “quasi menacée”. En cause : le développement résidentiel et commercial, l’aquaculture, le forage pétrolier et gazier, ou encore la pollution.

Enfin, rappelons que si les barges rousses détiennent le record de la plus longue migration aérienne sans escales, les sternes arctiques (Sterna paradisaea) détiennent celui de la plus longue migration tout court. En effet, ces oiseaux parcourent en moyenne près de 80 000 km chaque année (bien qu’ils fassent de nombreux arrêts en cours de route). En 2016, une sterne arctique aurait même parcouru plus de 96 000 kilomètres, rejoignant l’Antarctique depuis l’Angleterre.