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Océans : plus de 90 % des espèces de micro-organismes restent à étudier

Crédits : Tiago Fioreze / Wikipedia

Au Portugal, un chercheur travaille sur des moyens d’utiliser les micro-organismes marins afin d’améliorer la santé humaine sans détériorer celle des océans. Il estime que l’humanité doit exploiter les océans de manière durable en étudiant les micro-organismes, dont 90 % des espèces n’ont jamais été étudiées.

Une des solutions pour améliorer la santé humaine

Bien qu’ils recouvrent tout de même 71 % de la surface terrestre, les océans sont un monde encore très méconnu. Il s’y trouverait en effet pas moins de deux millions d’espèces marines à découvrir. Dans un reportage publié par Euronews le 30 mars 2021, le Pr Vitor Vasconcelos, directeur du Centre interdisciplinaire de la recherche marine et environnementale (CIIMAR) de l’Université de Porto (Portugal), estime que les scientifiques passent probablement davantage de temps à étudier l’espace que les océans. Or, selon lui, les océans peuvent représenter l’une des solutions pour améliorer la santé humaine. Le fait est que nous devons d’abord comprendre comment ceux-ci peuvent fournir la moitié de l’oxygène disponible sur Terre.

Par ailleurs, ces mêmes océans renferment de nombreux organismes pouvant faire l’objet d’études. Cela pourrait permettre de trouver de nouvelles solutions en matière de thérapies. Selon Vitor Vasconcelos : “On peut imaginer par exemple, utiliser des cyanobactéries ou des microalgues, des organismes qui sont présents dans les océans depuis plus de trois milliards et demi d’années. Donc ils ont résisté à des environnements différents ; de ce fait, ils ont développé des mécanismes pour avoir des molécules qui peuvent aujourd’hui être utilisées pour traiter le cancer, la malaria, réduire l’obésité ou s’attaquer à d’autres maladies que nous connaissons sur notre planète”.

Au CIIMAR, les chercheurs étudient plusieurs formes de vie marine, dont les cyanobactéries. Connues pour leur forte toxicité, elles pourraient avoir des propriétés médicinales. Le fait que leurs composés soient très variés est un détail motivant l’espoir de futures découvertes très importantes. Il est en effet possible de traiter n’importe quelle maladie sous réserve de trouver la molécule le permettant.

cyanobacteries
Crédits : Josef Reischig / Wikimedia Commons

La plupart des espèces n’ont jamais été étudiées

Pour Vitor Vasconcelos, il est aujourd’hui très important d’agir de manière durable. Après avoir exploité intensivement les océans avec la surpêche, il pense qu’il faudrait à présent isoler les micro-organismes et les cultiver ces derniers en laboratoire. Or, le champ des possibles semble très large. Vitor Vasconcelos estime que plus de 90 % des espèces de micro-organismes marines n’ont pas encore été étudiées.

En 2019, une étude internationale portait de 16 000 à près de 200 000 le nombre de virus océaniques connus. Les chercheurs ont fourni le catalogue le plus complet à ce jour des virus présents dans les océans de la planète. Comprendre les populations virales en milieu océanique est essentiel dans la mesure où les virus ont un impact sur l’ensemble des organismes du plancton marin. En effet, les virus peuvent modifier la structure des populations de bactéries, archées, protistes et autres petits animaux.