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Océans : il y aurait beaucoup plus de plastique que prévu dans les profondeurs

Crédits : Pixabay

Une récente étude menée dans la baie de Monterey, en Californie, suggère que la pollution plastique pourrait être beaucoup plus importante que prévu à plusieurs centaines de mètres de profondeur.

On ne l’apprend à personne : la pollution plastique est aujourd’hui l’un des plus importants fléaux de notre époque. On estime désormais, en moyenne, que 8,8 millions de tonnes de ces déchets pénètrent dans les océans chaque année. Mais nous pourrions avoir largement sous-estimé ces prévisions. La plupart des recherches ont en effet porté sur la surface de l’eau. De nouveaux travaux nous révèlent aujourd’hui que les microplastiques pourraient en fait s’accumuler tout autant dans les profondeurs océaniques. Les détails de l’étude sont publiés dans Scientific Reports.

Entre 200 et 600 mètres de profondeur

Une équipe de biologistes marins, emmenée par Anela Choy, a récemment envoyé des véhicules télécommandés à différentes profondeurs de la baie de Monterey, en Californie. C’est au sud de San Francisco. L’objet de cette étude était d’examiner la présence de microplastiques envahissants dans les profondeurs de cette partie du Pacifique. Après plusieurs mois de relevés, les chercheurs expliquent avoir enregistré une grande concentration de déchets – entre 12 et 15 particules par mètre cube – à des profondeurs comprises entre 200 et 600 mètres de profondeur.

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La pollution par le plastique envahit la baie de Monterey, en Californie. Crédits : Pixabay

On apprend par ailleurs, après analyses de plusieurs échantillons, que la grande majorité de ces particules (polyéthylène téréphtalate) proviennent de types de plastique généralement utilisés pour fabriquer des emballages à usage unique. Des bouteilles en plastiques, notamment. Pour les chercheurs, ces micro-déchets auraient dans un premier temps flotté à la surface, avant d’être ingérés puis « relâchés » par des animaux marins.

À ce sujet, les chercheurs soupçonnent par exemple le crabe rouge pélagique, ou encore la larve géante. Ces deux espèces marines sont en effet connues pour filtrer du plancton qui, à peu de chose près, possède la même taille que les microplastiques retrouvés en mer. Une fois que ces animaux ont absorbé ce dont ils ont besoin, ils rejettent le reste à plusieurs centaines de mètres de profondeur. Des quantités impressionnantes de plastique retrouvées dans les intestins des deux espèces ont ensuite confirmé ces soupçons.

Bien entendu, on rappelle que cette recherche ne s’est limitée qu’à la baie de Monterey. En ce sens, les chercheurs soulèvent la nécessité de réaliser des relevés similaires en eaux profondes dans d’autres régions du monde. « Alors seulement nous pourrons déterminer l’étendue du problème », conclut Bruce Robison, co-auteur de l’étude.

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