in

Pourquoi les occidentaux voient-ils leur libido baisser par rapport au reste du monde ?

Crédits : iStock

Les Occidentaux seraient en proie à une baisse de l’activité sexuelle par rapport aux années 1990. Cette baisse serait due à un mélange de nombreux facteurs d’origine sociétale et technologique.

Nous savons depuis quelques années maintenant que le Japon est un pays atteint par une chute démographique liée à des codes sociétaux peu favorables et des phénomènes sociaux nouveaux tels que les « couples sexless » et les hommes trentenaires ayant peur de l’engagement.

Cependant, ce que l’on sait moins, c’est que les États-Unis accusent également une baisse des rapports sexuels annuels de 15 % par rapport aux années 1990, une question sur laquelle s’est attardé un article de la BBC publié le 9 mai 2017. Par ailleurs, l’article semble étendre la situation outre-Atlantique à tout le monde occidental. Nous n’irons pas jusqu’à dire que cette baisse de la fréquence des rapports sexuels occasionne une chute démographique. En effet, nous n’en sommes pas à ce point là, mais les raisons sont connues et sont tout de même édifiantes.

La principale raison serait liée à ce que l’on nomme les « technologies de la sexualité », à savoir la pornographie ainsi que les réseaux sociaux. En ce qui concerne la pornographie, celle-ci occasionnerait une sorte d’addiction qui réduirait le désir relatif à la sexualité réelle. Pour les réseaux sociaux, il s’agit ici de supports désignés comme « dispersant l’attention ». Néanmoins pour certaines personnes tout de même, l’effet serait inverse : la pornographie augmenterait le désir charnel et les réseaux sociaux favoriseraient les rencontres dans la vie réelle.

D’autres raisons arrivent ensuite, cette fois en lien avec le travail. Il est question de la dégradation des conditions de travail d’une part, ainsi que de l’allongement de l’amplitude horaire pendant laquelle les employés sont occupés à leur tâche. Il y a aussi la connexion éventuelle de l’individu à son travail même durant son temps libre, et ce, par le moyen d’un outil de communication. Ces facteurs rendent les personnes plus stressées, moins disponibles et potentiellement assujetties à sombrer dans des addictions comme les drogues ou l’alcool.

Le monde occidental est également sous le coup d’une augmentation des troubles de type anxiété et dépression qui seraient eux-mêmes en lien avec un manque d’activité sexuelle. Ici, certaines peurs sont présentes telles que l’insécurité face à l’emploi et le logement et plus généralement la manière dont le monde se trouve bouleversé au fil du temps. Ces peurs expliquent le manque de sexe alors que cette activité pourrait justement les amenuiser. Il s’agit là en somme d’un véritable cercle vicieux.

Il se pourrait donc bel et bien que la vie moderne, ainsi que tout ce que celle-ci implique soit à la base de cette baisse assez significative de la fréquence des rapports sexuels dans les sociétés occidentales.

Sources : BBC – Slate