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Un objet interstellaire a explosé au-dessus de la Terre en 2014, selon un rapport déclassifié

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Crédits : CharlVera/Pixabay

Selon un rapport publié par l’US Space Command récemment déclassifié, la boule de feu qui a traversé le ciel de Papouasie-Nouvelle-Guinée en 2014 était bien un objet interstellaire. D’ailleurs, le petit météore a peut-être laissé des débris sur le fond marin. S’il paraît impossible de les récupérer, un chercheur aimerait quand même tenter le coup.

L’objet, une petite météorite mesurant seulement 0,45 m de diamètre, avait percuté l’atmosphère terrestre le 8 janvier 2014, s’enflammant dans le ciel de Papouasie-Nouvelle-Guinée. D’après les premiers calculs, l’objet semblait avoir traversé l’espace à plus de 210 000 km/h, une vitesse qui dépasse de loin la vitesse moyenne des météores évoluant dans le Système solaire, selon une étude préliminaire publiée en 2019. Ces travaux avaient également fait valoir que la vitesse de l’objet, ainsi que sa trajectoire, laissaient à penser qu’il était originaire d’un autre système stellaire.

Cependant, cet article et l’hypothèse qu’elle soutient n’avaient jamais été évalués par des pairs. Et pour cause, certaines des données nécessaires pour vérifier les calculs étaient considérées comme classifiées par le gouvernement américain. Après plusieurs années d’enquête, les scientifiques de l’US Space Command (USSC) ont finalement officiellement confirmé les données de 2019. Dans une note, le lieutenant-général John E. Shaw, commandant adjoint de l’USSC, écrit en effet que l’analyse de la « boule de feu » de 2019 était « suffisamment précise pour confirmer une trajectoire interstellaire« .

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Crédits : urikyo33/Pixabay

Oumuamua relégué à la seconde place

Cette confirmation fait rétroactivement du météore de 2014 le premier objet interstellaire jamais détecté dans notre Système solaire. Sa détection est en effet antérieure à la découverte d’Oumuamua, un objet en forme de cigare découvert il y a environ trois ans alors qu’il était déjà en partance de notre système. Depuis, une autre roche interstellaire – la comète Borisov – a également été identifiée.

Amir Siraj, astrophysicien théoricien à l’Université de Harvard et principal auteur de l’article de 2019, a déclaré à Vice qu’il avait toujours l’intention de publier l’étude originale. De cette manière, la communauté scientifique pourrait reprendre là où son équipe et lui s’étaient arrêtés.

Étant donné que la météorite s’est désintégrée au-dessus du Pacifique Sud, il est également possible que des restes de l’objet aient atterri dans l’eau avant de se déposer sur le fond marin. Naturellement, le chercheur admet que les chances de pouvoir localiser ces débris sont extrêmement faibles. Néanmoins, la possibilité de récupérer le premier morceau de matériau interstellaire est suffisamment excitante pour mettre en place une mission dédiée. D’ailleurs, le chercheur consulte déjà plusieurs experts dans le but de monter une expédition.