in

Les nurdles sont la seconde source de micropolluants dans l’océan

Crédits : Mark Dixon / Flickr

Sous le feu des projecteurs depuis quelques mois, les nurdles sont un type de déchets toxiques assez particulier. Il s’agit de minuscules granulés en plastique servant de matière première à la production d’objets en tout genre.

Au cœur d’une importante catastrophe écologique

Le MV X-Press Pearl était un cargo porte-conteneurs qui a subi un naufrage en mai 2021, au large du Sri Lanka. Après treize jours d’incendie, le navire en perdition totale a laissé échapper des tonnes de fioul et d’acide nitrique. Toutefois, une autre pollution issue de ce navire a grandement préoccupé les observateurs. En effet, le cargo transportait pas moins de 87 conteneurs contenant des nurdles.

Les nurdles sont de petits granulés en plastique de la taille d’une lentille. Ils servent de matière première lors de la fabrication de tous les objets plastiques intégrant notre quotidien. Par ailleurs, ces mêmes nurdles peuvent se composer soit de polyéthylène, soit de polypropylène ou encore de polystyrène. Chaque année, des milliards sont produits avant leur distribution aux quatre coins du monde.

Or, lors de leur fabrication en usine ou de leur transport, les nurdles finissent assez souvent leur course dans les cours d’eau et les océans. Une fois dans l’eau, les granulés se fragmentent en nanoparticules, si bien qu’il devient impossible de les nettoyer. Ces particules microscopiques et souvent hydrophobes flottent alors durant des années à la surface de l’eau et deviennent un fléau pour l’environnement.

Xpress Pearl cargo Sri lanka naufrage
Le MV X-Press Pearl avant son naufrage. Crédits : Isuruhetti / Wikipedia

Non classé comme matière dangereuse

Les nurdles fragmentés agissent par ailleurs comme des éponges toxiques, attirant d’autres toxines et polluants. Ils représentent également un genre de radeau de transport pour de nombreuses bactéries, dont Escherichia coli et Vibrio cholerae (choléra). L’urgence est donc bien présente, car les océans reçoivent chaque année pas moins de 230 000 tonnes de ces granulés, faisant de ce produit la deuxième source de pollution marine en termes de masse.

Par ailleurs, ainsi que le rappelait un rapport de l’ONU publié en juillet 2021, les nurdles ne font pas partie des matières classées comme étant dangereuses pour l’Organisation Maritime Internationale (OMI). En effet, les placer dans la même catégorie que les produits nocifs et inflammables tels que l’essence, le kérosène ou encore le diesel représenterait une contrainte pour ces transporteurs. Ils se trouveraient alors dans l’obligation de respecter des règles très strictes concernant le stockage et l’expédition.

Pourtant, un tel classement permettrait d’éviter une autre catastrophe de grande ampleur à l’avenir. Toutefois, même le terrible accident MV X-Press Pearl ayant ravagé le littoral et la faune marine locale ne semble pas avoir fait bouger les choses.