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Des dizaines de nouvelles espèces découvertes près des Galapagos

Crédits : Ocean Exploration Trust / Nautilus Live

Des chercheurs viennent de mettre à jour des dizaines de nouveaux invertébrés dans les profondeurs marines entourant les Galapagos. Une découverte palpitante, qui montre une fois de plus à quel point nous en savons peu sur les grands fonds.

Des langoustes okupa, des coraux, des éponges ou encore une étoile de mer… Au total, pas moins de trente nouvelles espèces d’invertébrés ont été découvertes dans la réserve de l’archipel équatorien des Galapagos, ont annoncé lundi les responsables de la réserve. Elles ont été mises à jour par des chercheurs de la Charles Darwin Foundation, en collaboration avec la Direction des Parcs Nationaux et l’Ocean Exploration Trust.

Un territoire emblématique, mais encore inexploré

Les grands fonds marins représentent le biome le plus grand et le moins exploré de la planète. Comme le rappelle Bruno David à France Inter : «Il faut savoir qu’il y a beaucoup plus d’hommes qui sont allés sur la Lune que d’hommes qui sont descendus à plus de 10 000 mètres de profondeur ! (douze astronomes sur la Lune contre quatre plongeurs)».

Malgré leur statut emblématique, les îles Galapagos sont également concernées. En 2015, des chercheurs se sont alors lancés dans une expédition multidisciplinaire pour mener la première caractérisation systématique des communautés d’invertébrés benthiques des grands fonds marins de la région.

Cette recherche a été faite au cours d’une croisière de 10 jours menée à bord du E / V Nautilus, un navire de recherche de 64 mètres spécialisé dans l’exploration scientifique en haute mer. Deux véhicules télécommandés (ROV), nommés Argus et Hercules, ont été déployés pour l’occasion. Ces derniers ont collecté plusieurs échantillons à l’aide de bras et d’échantillonneurs à succion, avant d’être remontés en surface.

Tous ces organismes ont ensuite été séparés, photographiés et analysés. À partir de là, les chercheurs ont pu déduire le nombre de nouvelles espèces.

«Les profondeurs marines restent la dernière frontière sur la Terre, et cette étude permet de connaître de manière exhaustive» la faune qui y vit, a déclaré l’océanologue espagnol Pelayo Salinas de Leon, membre de la Fondation Charles Darwin, qui a dirigé l’étude publiée dans Scientific Reports.

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En-dessous de 3000 mètres de profondeur, les fonds marins des Galapagos abritent des espèces encore inconnues. Les chercheurs manipulent avec soin l’un des spécimens collectés. Crédits : Ocean Exploration Trust / Nautilus Live

Explorations de monts sous-marins

La plupart, peut-on lire, vivent entre 290 mètres et 3 400 mètres de profondeur sur les pentes de montagnes sous-marines situées dans la réserve, aux abords des îles Darwin et Wolf. «Ces structures sont protégées des pratiques humaines destructrices», rassure le chercheur. Il évoque notamment la pêche au chalut de fond ou l’activité minière en eaux profondes. «Il est maintenant de notre responsabilité de nous assurer qu’elles restent intactes pour les générations à venir », a-t-il conclu.