Neandertal prend vie grâce à une nouvelle reconstruction faciale

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Illustration d'une famille néandertalienne autour d'un feu. Crédits : Gorodenkoff/iStock

Une nouvelle reconstitution faciale représente un Homme de Neandertal dont le squelette avait été retrouvé par des prêtres dans une grotte française il y a plus d’un siècle. Cette nouvelle étude confirme que nos anciens cousins nous ressemblaient bien plus qu’on ne le pensait encore il y a quelques années.

À quoi ressemblait un néandertalien de quarante ans ?

En 1908, des prêtres catholiques étaient tombés sur les restes squelettiques d’un humain dans une grotte de La Chapelle-aux-Saints, en France. À l’époque, on pensait que ces restes appartenaient à un Homme moderne. Cependant, des recherches ultérieures avaient ensuite révélé qu’il s’agissait en réalité d’un Homme de Neandertal disparu il y a environ 40 000 ans.

Le squelette présentait en effet de nombreuses caractéristiques distinctives de cette espèce cousine de l’Homme moderne, notamment une crête sourcilière surdimensionnée, une base crânienne plate et de grandes orbites oculaires. Récemment, des experts en reconstruction faciale ont utilisé des données de tomodensitométrie du crâne de ce Néandertalien pour créer une approximation numérique de son visage. Cette approximation permet de donner un aperçu de son apparence à l’âge de quarante ans, il y a environ 47 000 à 56 000 ans.

Le processus de reconstruction faciale

Ce processus a débuté par l’utilisation de mesures spécifiques du crâne le long du plan horizontal de Francfort. Il s’agit d’une ligne de référence utilisée en anthropologie et en anatomie pour mesurer et évaluer les caractéristiques du crâne et du visage. Ce plan se définit par une ligne imaginaire qui relie deux points anatomiques spécifiques sur le crâne : le point supérieur de l’orbite oculaire (là où l’os du front rencontre l’os de l’orbite) et le point le plus bas de l’ouverture de l’oreille (le canal auditif).

Ensuite, les artistes ont utilisé des marqueurs d’épaisseur des tissus mous provenant de donneurs humains vivants. Ces marqueurs indiquent l’épaisseur attendue des tissus mous, tels que la peau et les muscles, sur différentes parties du visage de cet Homme de Neandertal. Ils ont utilisé ces données pour construire numériquement la couche de peau et de muscles sur le modèle de base du crâne.

Enfin, pour rendre la reconstruction plus réaliste, les artistes ont ajouté des détails tels que la couleur de la peau et des cheveux. Cependant, la recherche ne permet pas de savoir si ces couleurs sont basées sur une analyse ADN ou s’il s’agit simplement d’une supposition éclairée en fonction de ce que l’on sait des populations humaines anciennes.

« Nous avons généré deux images, une plus objective avec juste le buste en sépia sans cheveux et une autre plus spéculative [et] colorée avec une barbe et des cheveux« , détaille Cícero Moraes, l’un des experts graphiques impliqués dans ces travaux.

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Reconstructions faciales côte à côte du « vieil homme » de Neandertal. Crédits : Cícero Moraes et coll.

Des êtres plus « humains » qu’on ne le pensait

Cette nouvelle reconstruction diffère des tentatives précédentes qui donnaient souvent une image exagérément simienne de Neandertal. L’image montre à quel point nos cousins nous ressemblaient, même s’ils restaient différents sur certains points, dont une absence de menton par exemple.

L’évolution de la perception des Néandertaliens au fil des ans est également mise en évidence. Les avancées dans la recherche ont en effet montré que les Néandertaliens avaient des comportements plus sophistiqués qu’on ne le pensait auparavant, comme l’enterrement de leurs morts, la fabrication d’outils, l’utilisation du feu pour la cuisson des aliments et même des pratiques rituelles. Ces découvertes ont remis en question l’idée préconçue selon laquelle ils étaient des créatures brutales et primitives.