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Nouvelle percée dans la compréhension de la propagation du cancer

cellule cancer
Crédits : iStock

Des chercheurs de l’Université de Cambridge (Royaume-Uni) ont découvert que les cellules du cancer détournent un processus déjà en place utilisé par les cellules saines pour se propager dans le corps. Cette nouvelle étude, publiée dans Nature Genetics, pourrait ouvrir la voie à de nouvelles options thérapeutiques.

Un cancer qui se déclare est déjà dévastateur, mais un cancer qui se propage l’est encore plus. Cette colonisation des organes se produit via un processus appelé métastase. Le blocage des métastases pourrait nettement améliorer la survie des patients atteints de cancer, mais la façon dont ce processus est déclenché dans la cascade complexe de la tumorigenèse reste incomprise, d’où l’importance de cette nouvelle étude.

Parce que la métastase est considérée comme un processus limité aux tissus malins, l’attention de la recherche s’est concentrée sur l’identification des mutations génétiques en tant que moteurs de la métastase du cancer. De nouvelles expériences révèlent que la propagation du cancer s’appuie sur un processus qui, au départ, est déjà utilisé par les cellules saines.

Détournement

L’équipe a fait cette découverte en étudiant une structure cellulaire connue sous le nom de canal de fuite de sodium (Na+), non sélectif (NALCN). Ces canaux (qui sont des protéines) sont exprimés principalement dans le système nerveux central, mais se retrouvent également dans le reste du corps. Ils traversent les membranes cellulaires et contrôlent la quantité de sel qui entre et sort des cellules.

Lors de tests sur des souris élevées pour développer un cancer, les chercheurs ont bloqué la fonction de ces protéines et découvert qu’elles déclenchaient des métastases dans les cancers de l’estomac, de l’intestin et du pancréas. Plus intéressant encore, en testant la technique chez des souris sans cancer, les chercheurs ont également découvert que ce blocage de NALCN provoquait la migration de cellules saines de leurs organes d’origine vers d’autres. Des cellules du pancréas, par exemple, pouvaient migrer vers le rein et devenir des cellules rénales.

Autrement dit, pour se propager, le cancer détourne un processus déjà en place à ses propres fins.

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Crédits : Christoph Burgstedt / iStock

« Ces résultats sont parmi les plus importants sortis de mon laboratoire depuis trois décennies« , a déclaré le professeur Richard Gilbertson. « Si elle est validée par d’autres recherches, cette étude pourrait avoir des implications considérables sur la façon dont nous empêchons le cancer de se propager« . Les chercheurs pourraient également exploiter ce processus pour réparer les organes endommagés. Un rein en mauvais état, par exemple, pourrait absorber des cellules saines libérées par d’autres organes pour aider à se rétablir.

Les chercheurs prévoient maintenant d’étudier les moyens de tirer parti de cette percée pour prévenir les métastases en utilisant des médicaments existants.