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Une nouvelle espèce de poulpe découverte, sous nos yeux depuis le début

Crédits : Alaska octopus project / Hollenbeck and Scheel

Les pieuvres sont les championnes du camouflage, mais avez-vous déjà entendu parler d’une pieuvre capable de se déguiser en une autre ? La tromperie est telle que les biologistes marins ignoraient en effet qu’il s’agissait d’une espèce distincte.

De toutes les espèces animales maintenues dans les aquariums, la pieuvre géante du Pacifique est l’une des plus rusées et des plus fascinantes. Vous pourriez observer méduses, requins ou autres poisson-clown en train de se mouvoir, il n’y a qu’une seule créature qui sait tout ce qui se passe, qui juge et surveille : la pieuvre géante du Pacifique. En captivité, elle semble prise en otage, symptomatique de son intelligence. Tellement rusée que l’on ignorait jusqu’à présent que l’espèce – Enteroctopus dofleini – en cachait une autre, camouflée.

Elle n’a pas encore de nom scientifique et n’a pas encore été totalement décrite, mais la génétique est sans appel. David Scheel, biologiste marin à l’Alaska Pacific, et Nathan Hollenbeck, un étudiant de premier cycle, ont ici recueilli 21 pieuvres capturées dans des pièges à crevettes en Alaska, dont raffolent les céphalopodes. Parmi elles, 14 étaient clairement des pieuvres géantes du Pacifique Enteroctopus dofleini, mais les sept restantes étaient… comment dire, différentes. Cette espèce ressemblait un peu aux autres, mais présentait des fioritures partout sur son manteau. Les sept étrangères avaient aussi d’étranges protubérances semblables à des cils, et deux taches blanches sur le devant de leur tête, alors que la pieuvre géante du Pacifique n’en a qu’une.

Crédits : Alaska octopus project / Hollenbeck and Scheel

Les chercheurs ont alors prélevé des échantillons de cellules épithéliales – qui composent les tissus tapissant les cavités et les surfaces des organes du corps – pour ensuite les ramener en laboratoire pour des tests génétiques. Ces tests ont alors confirmé qu’en effet, ces sept céphalopodes étaient bien génétiquement distincts de la pieuvre géante du Pacifique dans la littérature scientifique.

Jusqu’à présent l’espèce nouvelle n’a été repérée que dans les eaux allant de Juneau, la capitale de l’Alaska, à la mer de Béring. En comparaison, leurs cousins ​​génétiques non frangés ont été repérés dans tout le nord de l’océan Pacifique, depuis la côte ouest des 48 États américains inférieurs jusqu’à l’Alaska, et tout le long des côtes japonaises. Les biologistes marins ont longtemps soupçonné que la pieuvre géante du Pacifique pourrait finalement n’être qu’un groupe englobant plusieurs espèces différentes. Qui sait, peut-être y a-t-il encore beaucoup de pieuvres géantes du Pacifique qui n’ont pas encore reçu de nom taxonomique officiel. Il se pourrait que nous ayons été dupés depuis tout ce temps.

Vous retrouverez tous les détails de cette étude dans la revue BioOne.

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