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Une nouvelle “chauve-souris spectaculaire” découverte en Afrique de l’Ouest

Une photographie de la nouvelle espèce de chauve-souris trouvée dans les montagnes NimbaBat Conservation International

Une équipe de biologistes décrit la découverte d’une nouvelle espèce de chauve-souris à fourrure orange évoluant dans la chaîne de montagnes isolée de Nimba, en Guinée. Des travaux de suivi sont en cours pour tenter de mieux l’appréhender, et favoriser sa protection.

Une chauve-souris “spectaculaire”

Un groupe de scientifiques dirigé par le Musée américain d’histoire naturelle et la Bat Conservation International a fait cette nouvelle découverte en 2018, dans le cadre d’une enquête de conservation sur les populations de chauves-souris évoluant dans les anciennes grottes minières des montagnes de Nimba, en Afrique de l’Ouest, creusées dans les années 70/80 et depuis abandonnées. Dans le cadre de cette étude, les chercheurs sont tombés sur une chauve-souris à fourrure orange qui dénotait avec le reste de ses congénères.

Au départ, l’équipe a supposé qu’il devait s’agir d’une itération de couleur unique de l’espèce commune sur laquelle elle enquêtait. Des travaux plus approfondis signés de l’experte en taxonomie des chauves-souris Nancy Simmons, conservatrice à l’American Museum of Natural History, ont finalement révélé que celle-ci représentait une nouvelle espèce. Décrite dans la revue American Museum Noviciates, elle vient d’être nommée Myotis nimbaensis.

«À une époque marquée par de nombreuses extinctions, une telle découverte offre une lueur d’espoir», se réjouit Winifred Frick, de l’Université de Californie à Santa Cruz, décriant un «animal spectaculaire» à la «fourrure orange vif».

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Illustration d’artiste de Myotis nimbaensis. Crédits : Fiona Reid

Des animaux essentiels et menacés

Les chercheurs suggèrent que cette espèce particulière ne peut être trouvée que dans cette partie très spécifique des montagnes Nimba. Des travaux sont en cours pour tenter de mieux appréhender sa répartition, et comprendre son rôle dans l’écosystème local. En ce sens, ils prévoient de s’appuyer sur les appels d’écholocation de M. nimbaensis enregistrés sur le terrain pour mettre en place un programme de surveillance acoustique de la zone d’étude. À partir de là, ils pourront éventuellement réduire les préférences d’habitat de ces chauves-souris.

Nous savons notamment que les chauves-souris jouent un rôle écologique majeur en Afrique de l’Ouest, dispersant les graines, pollinisant les plantes et contrôlant les espèces d’insectes. Elles sont malheureusement “persécutées” par les humains dans toute la région, en raison de leur association avec plusieurs maladies comme Ebola. Et comme de nombreuses autres espèces animales, elles sont également menacées par la perte de leur habitat naturel.

Les chercheurs espèrent ainsi que l’enthousiasme généré par cette nouvelle découverte pourra favoriser la mise en place de mesure de protection de ces animaux essentiels dans la région.